Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a été réélu secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée lors d’un congrès exceptionnel tenu à Pyongyang, selon l’agence officielle KCNA.
La décision a été adoptée, d’après les médias d’État, « conformément à la volonté inébranlable et au désir unanime de tous les délégués ». Une formulation sans surprise dans un système politique où le parti unique et l’État se confondent.
Un congrès stratégique dans un régime verrouillé
Le congrès du Parti des travailleurs, qui se tient en principe tous les cinq ans, constitue le plus important rassemblement politique du pays. Il sert traditionnellement à consolider l’autorité du leader, à valider les grandes orientations stratégiques et à procéder à des remaniements au sommet de l’appareil d’État.
Depuis le précédent congrès de 2021, la Corée du Nord a poursuivi le développement de son arsenal militaire, multipliant les essais de missiles balistiques intercontinentaux, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette nouvelle reconduction de Kim Jong Un à la tête du parti unique équivaut, de fait, à une reconduction automatique à la tête du pays.
Pression internationale et isolement économique
Pyongyang reste sous le coup de plusieurs séries de sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaire et balistique. Ces sanctions visent notamment les exportations, les transactions financières et l’accès à certains biens stratégiques.
Dans le même temps, l’économie nord-coréenne demeure fragilisée. Les pénuries alimentaires chroniques, l’isolement diplomatique et la fermeture prolongée des frontières durant la pandémie ont aggravé une situation déjà précaire.
Malgré ces difficultés, le régime continue de privilégier le renforcement de ses capacités militaires, présentées comme une garantie de souveraineté face aux États-Unis et à leurs alliés en Asie.

Un message politique interne et externe
La réélection de Kim Jong Un envoie un double signal :
À l’intérieur, elle confirme l’absence de contestation organisée et la centralisation absolue du pouvoir autour du leader suprême. À l’extérieur, elle montre la continuité d’une ligne dure sur le plan stratégique, notamment en matière de dissuasion nucléaire.
Dans un contexte international marqué par des tensions accrues en Asie du Nord-Est, ce congrès ne marque pas une rupture, mais plutôt la consolidation d’un statu quo autoritaire.
Pour la communauté internationale, la question demeure inchangée : comment contenir l’ambition nucléaire de Pyongyang sans aggraver la situation humanitaire d’une population déjà éprouvée ?