Port-au-Prince, 3 juin 2026 – Une nouvelle tension oppose le gouvernement de transition et le Conseil électoral provisoire (CEP) à moins de deux ans des élections annoncées pour 2026. Dans une publication diffusée sur le réseau social X, l’avocat et dirigeant politique André Michel affirme qu’aucune entente n’a été trouvée entre les deux parties lors d’une réunion consacrée à la marche du processus électoral.
Les déclarations de Me Michel interviennent quelques minutes après une rencontre tenue entre les membres du CEP et le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. Dans un communiqué publié dans l’après-midi du mardi 2 juin, quelques heures seulement après la fin de cette séance de travail, le CEP a lui-même rendu compte du contenu des discussions.
Selon l’institution électorale, le chef du gouvernement a soumis aux conseillers électoraux un projet de décret électoral qu’il entend publier dans le journal officiel Le Moniteur. Les membres du Conseil ont toutefois exprimé leur opposition à plusieurs dispositions du texte, qu’ils jugent contraires à la Constitution et susceptibles de porter atteinte à l’autonomie du CEP.
Le Conseil électoral provisoire rejette notamment toute mesure qui aurait pour effet de placer l’institution sous la tutelle du gouvernement ou sous l’autorité d’un directeur général nommé par le pouvoir exécutif. Dans son communiqué, le CEP accuse également le Premier ministre d’entraver le processus électoral et de compromettre la réalisation des élections dans le pays.
S’appuyant sur ce climat de désaccord, André Michel estime que le gouvernement cherche à prendre le contrôle de la machine électorale alors que le CEP tente de préserver son indépendance. Selon lui, la majorité des acteurs politiques, à l’exception des alliés du Premier ministre, s’opposent à la nomination d’un directeur général au sein de l’institution électorale.
L’ancien porte-parole du Secteur démocratique et populaire considère que ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie visant à ralentir le processus, à multiplier les obstacles institutionnels et, ultimement, à empêcher la tenue des élections en 2026.
Face à cette situation, André Michel appelle les partis politiques, les organisations de la société civile et les citoyens à défendre l’organisation d’élections « libres, honnêtes et démocratiques ». Il interpelle également l’Organisation des États américains (OEA), la CARICOM, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ainsi que les différents secteurs de la vie nationale afin qu’ils suivent de près cette phase qu’il juge cruciale pour l’avenir du processus électoral.
Ce bras de fer entre l’Exécutif et le CEP intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreuses incertitudes quant à l’organisation du référendum constitutionnel et des élections générales, deux étapes considérées comme essentielles pour le retour à l’ordre démocratique en Haïti.