L’Assemblée des experts iranienne a désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de Iran, quelques jours après la mort de son père, Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes attribuées aux États-Unis et à Israël. Une succession explosive qui ouvre une nouvelle phase d’incertitude géopolitique au Moyen-Orient.
La République islamique d’Iran entre dans une nouvelle ère. Dimanche 8 mars, l’instance religieuse chargée de désigner la plus haute autorité du pays, l’Assemblée des experts, a officiellement choisi Mojtaba Khamenei pour succéder à son père, Ali Khamenei, mort lors de frappes israélo-américaines le 28 février.
La confirmation est venue après plusieurs heures de spéculations. « Le vote pour nommer le guide a eu lieu et le guide a été choisi », avait d’abord déclaré Ahmad Alamolhoda, membre influent de l’institution religieuse, avant l’annonce officielle du nom.
Dans le système politique iranien, le guide suprême est la plus haute autorité de l’État. Il contrôle les forces armées, supervise les institutions politiques et religieuses et détient le dernier mot sur les grandes orientations du pays.
Une succession dynastique au cœur du pouvoir
Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants d’Ali Khamenei. Pendant des années, il est resté une figure discrète mais influente au sein du régime.
Sans fonction officielle majeure, il était considéré par de nombreux observateurs comme l’un des hommes les plus puissants du pays, agissant dans l’ombre du bureau de son père. Son influence supposée au sein des réseaux sécuritaires et des Gardiens de la Révolution a alimenté de nombreuses spéculations dans les milieux diplomatiques et politiques.
Portant le turban noir des seyyed — signe de descendance du prophète Mahomet — Mojtaba Khamenei est réputé proche du courant conservateur dominant dans les structures du pouvoir iranien.
Une nomination sous menace internationale
Cette succession intervient dans un climat de tensions extrêmes au Moyen-Orient.
Avant même l’annonce officielle, le président américain Donald Trump avait déclaré que le futur guide suprême iranien « ne tiendrait pas longtemps » sans l’aval de Washington.
De son côté, Israël a averti que le nouveau dirigeant iranien pourrait devenir « une cible » dans la confrontation régionale.
Ces déclarations laissent présager une escalade diplomatique et militaire autour de la succession au sommet de la République islamique.
Un Iran à la croisée des chemins
La nomination de Mojtaba Khamenei marque une rupture historique. Pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, la fonction de guide suprême passe directement du père au fils, un scénario longtemps jugé improbable dans un système censé rejeter toute forme de dynastie politique.
Dans un contexte de tensions militaires, de sanctions économiques et de pressions internationales, le nouveau guide suprême hérite d’un pouvoir immense — mais aussi d’un pays placé sous surveillance mondiale.