À l’approche des élections municipales en France, la présence de candidats d’origine haïtienne se fait de plus en plus remarquer sur les différentes listes électorales. Dans de nombreuses communes, il est désormais rare de parcourir les candidatures sans identifier au moins un nom issu de la diaspora haïtienne. Les électeurs français seront appelés à élire leurs conseillers municipaux et, par ricochet, les maires chargés d’administrer les villes. Rien qu’en Île-de-France, près d’une centaine de candidats d’origine haïtienne seraient engagés dans la compétition, toutes sensibilités politiques confondues.

Dans le département du Val-d’Oise, la mobilisation est particulièrement visible. Plus d’une trentaine de candidats haïtiens y briguent un mandat municipal dans les 183 communes que compte le département. Cette participation témoigne d’une diaspora de plus en plus impliquée dans la vie civique locale, cherchant à peser dans les décisions publiques et à contribuer à la gestion des collectivités territoriales.

À Goussainville, commune où réside notamment une importante communauté haïtienne, plusieurs personnalités issues de cette diaspora figurent sur différentes listes. Sur la liste menée par Jean-Charles Laville se retrouvent Wilner Saint-Fleur, chef d’entreprise, Marguerite Dorvilien, directrice d’établissement scolaire, ainsi que Marseille Marie-Leonine. D’autres candidats haïtiens apparaissent également sur les six autres listes en lice pour la direction de la ville.

Dans les communes voisines et dans d’autres villes de la région parisienne, la dynamique est similaire. Harry Buisserette est engagé dans la course municipale à Gonesse. L’ingénieur Jean-Louis Jocelin figure parmi les candidats à Bouffémont. À Villetaneuse, Dieunor Excellent tente de conserver la direction de la mairie. À Saint-Denis, Mackendie Toutpuissant et Mme Belizaire Ymose participent également à la compétition électorale. Basile Pegguy compte lui aussi parmi les candidats engagés dans ces municipales.

Cette présence croissante d’élus ou de candidats d’origine haïtienne illustre l’intégration progressive de la diaspora dans la vie politique locale française. Elle témoigne aussi d’une volonté d’exercer une citoyenneté active dans le pays d’accueil, en s’impliquant dans la gestion des communes et dans les débats publics.

Ce contraste est d’autant plus frappant que, parallèlement, Haïti traverse une longue période de paralysie institutionnelle. Depuis près d’une décennie, aucune élection nationale n’a été organisée dans le pays, dans un contexte marqué par l’insécurité et l’instabilité politique. Alors que l’impasse institutionnelle persiste à Port-au-Prince, ailleurs dans le monde, notamment en France, des Haïtiens continuent de prendre part au jeu démocratique, illustrant une autre facette de la participation politique de la diaspora.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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