Une lettre dénonçant des faits présumés de cyberviolence visant des femmes en Haïti, et mettant directement en cause Rudy Thomas Sanon, propriétaire de la plateforme « TEAM RUDY » et animateur de l’émission sexiste « Se sa nou vle », a été reçue le lundi 16 mars par l’Office de la Protection du Citoyen (OPC). Le document, signé de l’ancienne ministre Marjory Michel et consulté par Alternance Média , interpelle le protecteur du citoyen , le magistrat Jean Wilner MORIN sur la responsabilité des acteurs du numérique dans la diffusion de contenus jugés haineux, sexistes et homophones.
Signée par Marjory Michel, ingénieure, responsable politique et ancienne ministre à la Condition féminine, cette correspondance interpelle les autorités sur la diffusion de contenus jugés haineux dans l’espace numérique.
Une mise en cause explicite
Dans sa lettre adressée au Protecteur du citoyen a.i., Jean Wilner Morin, l’ancienne ministre cite nommément Rudy Thomas Sanon.
Elle l’accuse d’être à l’origine, ou de relayer, via sa plateforme, des contenus qu’elle qualifie de :
misogynes, injurieux , homophobes et incitant à la haine
Selon elle, ces publications s’inscrivent dans une dynamique répétée visant des femmes engagées dans la vie publique.

Une plateforme au centre des accusations
La lettre désigne également la plateforme « TEAM RUDY » et l’émission « SE SA NOU VLE » appartenant à Rudy Thomas Sanon.
D’après la cheffe de fille de « FANM ANGAJE », cet espace numérique servirait de canal de diffusion à des contenus visant :
des responsables politiques, des journalistes, des fonctionnaires et d’autres figures publiques féminines
Elle évoque des pratiques de stigmatisation et de dénigrement.
Des faits dénoncés sur la durée
La Militante des Droits des femmes affirme être elle-même ciblée depuis plusieurs années.
Elle se dit faire l’objet « d’attaques répétées à caractère sexiste et misogyne, d’injures graves et publiques et de propos incitant à la haine, au lynchage, à l’intimidation et à la violence ».
Elle estime que ces agissements dépassent le cadre de la liberté d’expression.
Une saisine officielle de l’OPC
À travers cette démarche, l’ancienne ministre demande à l’Office de la Protection du Citoyen de se prononcer sur ce qu’elle considère comme des atteintes à la dignité et aux droits fondamentaux.
La lettre appelle à une prise en compte du phénomène de cyberviolence visant les femmes en Haïti.
Aucune réaction publique à ce stade
Au moment de la publication, Rudy Thomas Sanon n’avait pas réagi publiquement à ces accusations.
L’OPC n’a pas encore communiqué sur les suites qui seront données à cette saisine.
Un débat relancé
Cette affaire relance les préoccupations autour :
de la régulation des contenus en ligne, de la responsabilité des plateformes et de leurs animateurs et surtout de la protection des femmes dans l’espace public numérique
Le traitement de ce dossier par l’OPC pourrait déterminer si ces accusations donnent lieu à des suites institutionnelles ou judiciaires.