Pendant que la gourde vacille, le silence des autorités devient assourdissant.
Le taux de référence de la BRH affiche 130,92 gourdes pour un dollar américain. Sur le papier, une certaine stabilité. Mais dans la rue, là où bat le cœur réel de l’économie haïtienne, le dollar se négocie jusqu’à 136,25 gourdes. Un écart de plus de 5 gourdes. Une fracture. Un mensonge économique à ciel ouvert.
Car il faut appeler les choses par leur nom :
👉 Il existe aujourd’hui deux économies en Haïti.
La première, officielle, régulée, affichée dans les banques commerciales — BNC, Unibank, Sogebank — où les taux oscillent entre 129 et 132 gourdes.
La seconde, bien réelle, incontrôlée, celle du marché informel, où le dollar dicte sa loi sans régulation ni transparence.
Et entre les deux ? Un gouffre.
💸 La vérité du marché, c’est la rue
Ce n’est pas la BRH qui fixe le vrai taux.
Ce ne sont pas les banques qui dictent la réalité.
👉 C’est le marché informel.
Celui des cambistes, des transferts, des importateurs, des familles qui survivent grâce aux remises. C’est là que se décide la vraie valeur de la gourde. Et cette valeur est claire : elle s’effondre.
Banques : stabilité ou illusion contrôlée ?
Les banques affichent des spreads maîtrisés, entre 2 et 2,5 gourdes. Une apparente discipline. Une façade rassurante.
Mais la question est brutale :
➡️ Ces taux sont-ils accessibles au citoyen moyen ?
➡️ Ou ne servent-ils qu’à une minorité privilégiée ?
Quand l’écart entre la banque et la rue devient trop grand, la confiance disparaît. Et avec elle, toute crédibilité monétaire.
Une économie à deux vitesses… et un État absent
Ce décalage n’est pas anodin. Il est le symptôme d’un problème plus profond :
Absence de contrôle réel du marché des changes Faiblesse des réserves Dépendance chronique aux transferts de la diaspora Manque de production nationale
En clair : la gourde ne repose plus sur une économie solide, mais sur une illusion fragile.
Qui contrôle encore le jeu ?
Aujourd’hui, la vraie question n’est plus le taux du jour.
La vraie question est : qui contrôle encore la valeur de la gourde ?
La BRH ?
Les banques ?
Ou la rue ?
Tant que cette question restera sans réponse, chaque chiffre publié ne sera qu’un écran de fumée.
Et pendant ce temps…
👉 le dollar avance. La gourde recule. Et le peuple paie.