Paris, mercredi 25 mars 2026- La finale 2026 du concours d’éloquence Éloquentia s’est tenue à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, réunissant quatre jeunes femmes autour d’un sujet au cœur des débats contemporains : l’intelligence artificielle. Face à un jury composé de quatre membres et à un public attentif, les candidates ont livré une confrontation oratoire intense autour d’une question centrale : l’IA creuse-t-elle les inégalités ?

Sur scène, quatre profils aux trajectoires distinctes mais à la maîtrise remarquable du verbe. L’Haïtienne Abigaïl Alexandre affrontait Anna Hemmat (Montpellier), Anna Herreros (Nanterre) et Diénaba Dabo (Sénégal). Quatre candidates percutantes et profondément éloquentes, engagées dans une véritable joute intellectuelle où l’IA devenait à la fois objet de réflexion et terrain d’affrontement rhétorique.

Dans un format proche du débat contradictoire, chacune a défendu une position tranchée. Positionnée du côté de la défense, Abigaïl Alexandre devait répondre par la négative à la problématique posée. Son défi : démontrer que l’intelligence artificielle ne constitue pas en soi un facteur d’aggravation des inégalités.

Son argumentation s’est structurée autour d’un axe clair : ce ne sont pas les technologies qui créent les inégalités, mais les usages politiques, économiques et sociaux qui en sont faits. En s’appuyant sur les principes fondamentaux d’égalité, de liberté et de non-discrimination, elle a soutenu que l’IA peut, au contraire, devenir un levier de réduction des fractures, à condition d’être encadrée et orientée vers l’intérêt général.

Dans son raisonnement, l’intelligence artificielle apparaît comme un outil ambivalent, dépendant des rapports de pouvoir existants entre États et acteurs économiques. Elle a ainsi mis en lumière les déséquilibres structurels à l’échelle mondiale, tout en refusant de faire de la technologie elle-même un bouc émissaire. Une posture nuancée, qui déplace le débat vers la responsabilité des décideurs et des institutions.

En filigrane, Abigaïl Alexandre a posé une question essentielle : qui gouverne l’IA, et au service de quels intérêts ? Une interrogation qui recentre le débat non pas sur la peur de la technologie, mais sur la nécessité de sa régulation.

Par la clarté de sa démonstration, la rigueur de son raisonnement et la force de sa présence scénique, elle a su convaincre le jury et le public, s’imposant face à ses trois concurrentes.

Cette édition 2026 d’Éloquentia restera marquée par une finale entièrement féminine, mais aussi par la maturité des réflexions proposées. À travers cette confrontation, une certitude s’impose : l’éloquence demeure un outil puissant pour interroger les transformations du monde, et l’intelligence artificielle en est désormais l’un des terrains majeurs.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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