Réunis au sein d’une vaste coalition, 76 partis politiques, regroupements et organisations de la société civile dénoncent le maintien au pouvoir du premier ministre de facto et proposent une nouvelle architecture de transition fondée sur un exécutif bicéphale.
Port-au-Prince – Une coalition regroupant 76 partis politiques, plateformes, regroupements et organisations de la société civile a appelé, samedi 6 juin, à la fin du pouvoir exercé par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’elle accuse de se maintenir illégitimement à la tête de l’État. Dans une déclaration conjointe signée à Pétion-Ville, les organisations de l’opposition réclament l’instauration d’un exécutif bicéphale chargé de conduire la transition vers des élections jugées crédibles et inclusives.
Dans ce document de plusieurs pages, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de « confiscation illégitime du pouvoir » et soutiennent que le gouvernement de fait dirigé par Alix Didier Fils-Aimé a perdu toute légitimité constitutionnelle depuis l’expiration de l’échéance fixée au 7 juin 2026. Ils estiment que toute prolongation du mandat actuel constituerait une rupture avec l’ordre constitutionnel et les aspirations populaires.
La coalition d’opposition reproche également au chef du gouvernement son incapacité à répondre à la crise sécuritaire qui secoue le pays. Selon les signataires, la montée en puissance des gangs armés, l’absence de progrès dans l’organisation des élections et la dégradation des conditions de vie de la population témoignent de l’échec de la transition actuelle.
Au-delà des critiques, les 76 organisations proposent une alternative institutionnelle fondée sur un pouvoir exécutif bicéphale, qu’elles présentent comme une solution susceptible de rétablir l’équilibre politique et de conduire le pays vers des élections démocratiques. Elles annoncent par ailleurs la préparation d’une feuille de route destinée à encadrer cette transition.
Parmi les signataires figurent notamment Opposition Pluriel, Accord Montana, Debout Citoyen, Grand Bloc du Peuple, Consensus Politique, ainsi que plusieurs dizaines d’organisations politiques, syndicales et citoyennes issues de différents secteurs de la vie nationale. Avec 76 structures représentées, cette déclaration constitue l’une des plus importantes initiatives de rassemblement de l’opposition depuis le début de la crise politique actuelle.