La tension monte d’un cran au Liban. Des soldats français engagés au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont été directement visés par des tirs de l’armée israélienne, dans un contexte régional explosif qui menace désormais les forces internationales elles-mêmes.

Dimanche, au nord de Naqoura, à proximité du quartier général de la FINUL, des tirs israéliens sont tombés à une quinzaine de mètres d’un groupe de militaires français. Parmi eux figurait le chef de corps de la force de réaction rapide, unité stratégique composée d’un bataillon franco-finlandais. Un incident d’une gravité exceptionnelle.

La veille déjà, le général Paul Sanzey, chef d’état-major de la FINUL, avait été menacé par des armes israéliennes alors qu’il revenait de Beyrouth avec son assistant. Dans le même temps, un convoi français avait essuyé un tir d’avertissement visant ses véhicules blindés.

Une stratégie de pression contre la FINUL ?

Selon plusieurs sources militaires, ces incidents ne sont pas isolés. Depuis le début de l’escalade régionale, l’armée israélienne multiplierait les actions d’intimidation contre la FINUL, cherchant à limiter ses déplacements et à réduire sa présence opérationnelle sur le terrain.

« Ils veulent nous rendre silencieux », confie une source militaire, évoquant une réduction drastique — jusqu’à dix fois moins — des missions de patrouille.

La réaction de Paris ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fermement condamné ces incidents, tandis qu’un message officiel de protestation a été adressé à l’ambassadeur israélien.

Des Casques bleus pris entre deux feux

La situation sécuritaire se dégrade rapidement. En l’espace de 48 heures, trois Casques bleus indonésiens ont perdu la vie. L’un d’eux a été tué par un tir direct de char israélien de type Merkava contre un poste de la FINUL. Les responsabilités semblent, selon plusieurs sources, clairement établies.

Les deux autres militaires ont été victimes d’une explosion, probablement causée par un engin explosif improvisé. Ce dernier pourrait avoir été posé par le Hezbollah, visant initialement des forces israéliennes.

Pris entre les offensives israéliennes et l’activisme croissant du Hezbollah, les soldats de la FINUL évoluent désormais dans un environnement quasi incontrôlable, où les lignes de front deviennent de plus en plus floues.

Une mission fragilisée, un équilibre menacé

Créée en 1978 à l’initiative de la France, la FINUL est chargée depuis 2006 de faire respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, censée maintenir un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.

Aujourd’hui, cette mission apparaît plus fragile que jamais.

Face à la gravité des événements, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir en urgence. Mais sur le terrain, une réalité s’impose déjà : les Casques bleus, censés maintenir la paix, deviennent eux-mêmes des cibles.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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