Alternance Média a obtenu une copie d’un communiqué non encore publié, dans lequel des proches du Premier ministre Fils-Aimé accusent le CEP de blocage électoral

C’est une manœuvre qui pourrait profondément bouleverser le processus électoral en Haïti. Plusieurs organisations signataires du Pacte National, réputées proches du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, s’apprêtent à publier un communiqué conjoint particulièrement accablant contre le Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Selon des informations concordantes, ce document vise à faire porter à l’institution électorale la responsabilité des retards enregistrés dans l’organisation des élections, tout en mettant en doute sa capacité à mener à bien le processus. Une initiative qui soulève de sérieuses interrogations sur les intentions réelles du camp au pouvoir.

Une offensive coordonnée contre le CEP

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique politique plus large. Le récent positionnement de Uder Antoine à la direction exécutive du CEP — perçu comme proche du pouvoir — avait déjà suscité des inquiétudes quant à l’indépendance de l’institution.

Aujourd’hui, une nouvelle étape semble franchie : une attaque frontale contre les conseillers électoraux, portée par des structures politiques alignées sur l’exécutif.

Parmi les organisations impliquées :

  • Konbit pou Bati Ayiti (KonEA)
  • Oganizasyon Pèp Kap Lite (OPL)
  • Alliance pour une Société Sans Exclusion (ASE)
  • LAVNI
  • Oganizasyon Lavalas
  • BRVANT
  • Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK)
  • Ansanm pou Jistis ak Pwogrè Ayiti
  • Mouvement National pour la Transparence (MNT)
  • Et plusieurs autres personnalités et regroupements politiques

Un objectif : fragiliser pour mieux contrôler

Pour de nombreux observateurs, cette offensive ne peut être interprétée comme un simple désaccord technique. Elle s’apparente davantage à une stratégie politique visant à affaiblir le Conseil Électoral Provisoire afin de reprendre la main sur le processus électoral.

Pourtant, selon plusieurs sources, le CEP aurait jusqu’ici réalisé un travail globalement rigoureux dans un contexte particulièrement difficile — un « quasi sans faute ».

Pourquoi alors tenter de le discréditer ?

Le risque d’un glissement du calendrier électoral

Dans un contexte de transition fragile, remettre en cause la crédibilité du CEP n’est pas sans conséquence.

Une telle démarche pourrait ouvrir la voie à :

  • un report des élections
  • une remise en question du calendrier
  • voire une prolongation de la transition politique

Et donc, indirectement, à un maintien prolongé du pouvoir exécutif.

Faire porter la responsabilité au CEP ?

La question demeure : les retards observés sont-ils réellement imputables au seul CEP ?

Entre insécurité persistante, contraintes logistiques majeures et tensions politiques, la situation est complexe. Faire du Conseil Électoral Provisoire le principal responsable pourrait relever d’une stratégie visant à détourner l’attention des véritables blocages.

une bataille pour le contrôle des élections

Cette séquence marque un tournant critique. Le Conseil Électoral Provisoire se retrouve aujourd’hui au cœur d’un affrontement politique majeur.

Derrière cette offensive, une question centrale :
le camp Alix Didier Fils-Aimé cherche-t-il à reprendre le contrôle total du processus électoral ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *