Né à Brooklyn dans une famille haïtienne, ancien lieutenant du NYPD et voix critique des pratiques policières, Edwin Raymond a prêté serment comme shérif de la ville de New York. Une nomination hautement symbolique pour la diaspora haïtienne, mais aussi pour cet ancien policier qui a longtemps plaidé pour une autre conception du maintien de l’ordre.

Il y a dans cette prestation de serment quelque chose qui dépasse une simple nomination administrative. Le 27 juillet, au Brooklyn College, Edwin Raymond a officiellement pris toute la mesure de ses nouvelles fonctions : celles de shérif de la ville de New York.

À ses côtés, la procureure générale de l’État de New York, Letitia James. Et derrière lui, un parcours singulier : celui d’un enfant d’immigrés haïtiens devenu policier, puis officier critique de sa propre institution, avant d’accéder aujourd’hui à la tête de l’une des plus anciennes agences de maintien de l’ordre des États-Unis.

Nommé quelques semaines auparavant par le maire Zohran Mamdani, Edwin Raymond occupait déjà ses fonctions depuis le 29 mai. Le bureau qu’il dirige est notamment chargé de faire appliquer certaines décisions de justice, de lutter contre la fraude, de procéder à des saisies et de mener différentes opérations relevant de la police administrative.

De Brooklyn aux responsabilités

Edwin Raymond connaît New York depuis ses rues. Né et élevé à East Flatbush, à Brooklyn, dans une famille d’origine haïtienne, il entre au NYPD à seulement 22 ans.

Il y restera quinze ans et gravira les échelons jusqu’au grade de lieutenant. Mais sa carrière ne sera pas celle d’un policier silencieux.

En 2015, Raymond fait partie d’un groupe d’officiers qui contestent devant la justice le système de quotas d’interpellations et de contraventions qu’ils dénoncent au sein du NYPD. Une prise de position qui contribue à faire de lui l’une des voix internes favorables à une réforme des pratiques policières.

Après son départ du NYPD en 2023, il rejoint le bureau de la procureure générale de l’État de New York, où il devient le premier responsable de la liaison pour la justice sociale.

« Intégrité, responsabilité et équité »

Son arrivée à la tête du bureau du shérif prend dès lors une dimension particulière. L’homme qui dénonçait certaines dérives de l’institution policière se retrouve désormais en position de commandement.

Lors de sa prestation de serment, Edwin Raymond a placé son mandat sous trois principes : « intégrité, responsabilité et équité ».

Il a également évoqué ses racines. Son enfance au sein d’une famille haïtienne de Brooklyn, a-t-il expliqué, lui a notamment appris que la sécurité publique ne pouvait durablement fonctionner sans confiance entre la population et les institutions.

Le maire Zohran Mamdani a salué un responsable ayant consacré sa carrière à « la vérité, la justice et la sécurité ». Letitia James a, elle, mis en avant un leadership reposant sur la transparence et la responsabilité.

Un symbole pour la diaspora haïtienne

La nomination résonne particulièrement au sein de la communauté haïtienne de New York, l’une des plus importantes diasporas haïtiennes aux États-Unis.

En devenant le premier Haïtiano-Américain à occuper cette fonction, Edwin Raymond franchit une nouvelle frontière symbolique. Celle d’une génération issue de l’immigration caribéenne qui ne se contente plus de trouver sa place dans les grandes institutions américaines, mais accède désormais à leur direction.

De l’enfant d’East Flatbush au shérif de New York, le parcours d’Edwin Raymond raconte aussi une autre histoire : celle d’une diaspora haïtienne qui, loin de son pays d’origine, continue de gagner du terrain au cœur du pouvoir américain.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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