Malgré la visite du directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, des dizaines de personnes restent aux mains des groupes armés à Kenscoff. Leur chef menace de tuer les otages en cas de riposte des forces de l’ordre, faisant craindre un nouveau drame après l’attaque meurtrière qui a frappé la commune.
À Kenscoff, l’angoisse a succédé au massacre. Après l’attaque armée qui a fait plus d’une cinquantaine de morts, dont des enfants, des dizaines d’habitants sont toujours retenus en captivité par les assaillants. Pour leurs proches, commence désormais une attente éprouvante, avec une seule priorité : les retrouver vivants.
La situation reste particulièrement préoccupante dans cette commune située sur les hauteurs de Port-au-Prince. Alors que les autorités tentent de reprendre la main, les personnes séquestrées pourraient se retrouver au cœur du rapport de force entre les groupes armés et les forces de sécurité.
Des otages menacés en cas de riposte
L’inquiétude s’est encore accentuée après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo attribuée au chef de gang surnommé « Izo 2 », présenté comme l’un des responsables du groupe impliqué dans l’attaque.
Dans cette vidéo, il menace de tuer les personnes retenues en captivité en cas de riposte des autorités. Une menace qui place les forces de sécurité face à une situation particulièrement délicate : intervenir contre les assaillants sans mettre davantage en danger la vie des otages.
À Kenscoff, chaque heure qui passe augmente ainsi l’inquiétude des familles.
Vladimir Paraison sur place
Lundi 24 août, au lendemain de l’attaque, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison, s’est rendu dans la commune.
Le patron de la police a notamment visité le commissariat de Kenscoff et rencontré les policiers mobilisés dans la zone. Il a assuré que la PNH entendait répondre aux groupes armés et renforcer sa présence aux côtés de la population.
Cette visite intervient dans un contexte de forte pression sur les forces de l’ordre. Après un bilan humain particulièrement lourd, les autorités doivent désormais faire face à l’urgence représentée par les habitants toujours retenus en captivité.
Une population qui attend des résultats
Pour les proches des personnes séquestrées, les annonces ne suffisent plus. Leur principale préoccupation reste le sort des otages et les conditions dans lesquelles une éventuelle opération pourrait permettre leur libération.
La menace proférée contre les captifs complique considérablement la réponse des autorités. Toute intervention doit désormais intégrer le risque de représailles contre les civils retenus.
Cette situation illustre également la capacité des groupes armés à exercer une pression directe sur l’État : après avoir attaqué une commune et tué des dizaines de personnes, ils peuvent désormais utiliser des habitants comme moyen de pression face aux forces de sécurité.
La question des élections refait surface
Le drame de Kenscoff intervient à quelques mois des élections prévues en Haïti et remet brutalement la question sécuritaire au centre du processus électoral.
Comment organiser une campagne dans des territoires où des groupes armés sont capables de mener des attaques meurtrières et de retenir des dizaines de citoyens en captivité ? Comment garantir la circulation des candidats, des militants et des électeurs si certaines zones restent sous la menace des gangs ?
Ces interrogations devraient prendre une place croissante à mesure que le calendrier électoral avance.
Mais à Kenscoff, elles restent pour l’instant secondaires face à l’urgence.
Après plus de 50 morts, des familles attendent toujours leurs proches. Pour elles, la réponse la plus attendue de l’État est désormais claire : obtenir la libération des habitants encore retenus en otage et les ramener vivants chez eux.