POLITIQUE — La Coalition des Forces Républicaines (CFR) a durci le ton devant la CARICOM. Sécurité, gouvernance et élections : la coalition de 44 partis et organisations réclame des garanties et dénonce la création par le Premier ministre de sa propre plateforme politique.

La rencontre n’avait rien d’une visite de courtoisie.

Lundi 7 septembre, à l’Hôtel Montana, une importante délégation de la CFR a rencontré la CARICOM pour discuter de la transition et des prochaines élections. Rodon Bien-Aimé, Fresnel Afice, Alex Larsen, Hermano Exinord, Robenson Mazarin, Sidoine Joseph, Makenson Jean-Baptiste, Erius Elius et Me André Michel figuraient notamment dans la délégation.

Selon les informations d’Alternance Média, les échanges ont été particulièrement intenses.

Sécuriser le pays avant de voter

La CFR a réclamé le déblocage et la sécurisation des grands axes routiers, considérés comme indispensables à la tenue d’élections crédibles. Elle plaide également pour une « gouvernance équilibrée » afin de restaurer la confiance dans le processus électoral.

André Michel charge le Premier ministre

Le point de rupture concerne toutefois la neutralité du pouvoir.

Devant la CARICOM et la presse, Me André Michel a vivement dénoncé la décision du Premier ministre de constituer sa propre plateforme politique en vue des élections.

Pour la CFR, c’est une « faute politique » : un chef de gouvernement de transition chargé de conduire le pays aux élections ne devrait pas, selon elle, bâtir parallèlement sa propre structure électorale.

Le pouvoir chargé d’organiser les élections peut-il lui-même entrer dans la compétition ? La CFR pose désormais ouvertement la question.

La coalition estime que cette initiative fragilise la confiance dans le processus et contrevient aux engagements politiques pris dans le cadre de la transition.

La CFR veut maintenir le CEP

Sur le Conseil électoral provisoire, en revanche, la CFR prône la continuité. Elle demande le maintien de l’actuel CEP afin de poursuivre le processus déjà engagé.

Sa ligne tient ainsi en quatre exigences : sécuriser les routes, rééquilibrer la gouvernance, garantir la neutralité du pouvoir et maintenir le CEP.

À quelques encablures des prochaines échéances électorales, la bataille pour les urnes devient aussi une bataille pour la confiance.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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