RÉVÉLATION — Le Parti Le Réformiste (PR) et le Mouvement des Nationaux Progressistes pour le Redressement d’Haïti (MNPRH) ont officiellement notifié au Conseil électoral provisoire leur retrait du groupement politique « Anfòs Pou Sove Lonè ». Selon une source au sein du CEP, les deux correspondances ont été reçues par l’institution électorale. Alternance Média en détient copie. L’une d’elles soulève surtout des interrogations sur les conditions dans lesquelles des décisions auraient été prises au nom du regroupement.

PORT-AU-PRINCE, 9 septembre 2026 — C’est une fissure qui vient percuter « Anfòs Pou Sove Lonè » en pleine séquence électorale. À vingt-quatre heures d’intervalle, deux formations politiques ont officiellement demandé au Conseil électoral provisoire (CEP) de prendre acte de leur départ du groupement identifié sous le numéro 9 lors du tirage au sort organisé par l’institution électorale.

Selon une source au sein du CEP contactée par Alternance Média, les deux correspondances ont bien été déposées auprès de l’institution. La rédaction en détient également copie.

La première émane du Parti Le Réformiste (PR). Dans une lettre datée du 7 septembre 2026, portant un cachet de réception du CEP du même jour, le parti informe le président du Conseil électoral de sa décision de se retirer officiellement d’« Anfòs Pou Sove Lonè ».

Signée par Me François Léonard, coordonnateur général adjoint, la correspondance présente ce départ comme une décision interne. Le parti explique vouloir poursuivre son action politique de manière autonome et défendre ses propres orientations, valeurs et engagements.

Le Réformiste demande ainsi au CEP d’enregistrer officiellement son retrait et d’en tirer les conséquences administratives et électorales nécessaires.

Le MNPRH met en cause la méthode

Le deuxième départ est politiquement plus explosif.

Dans une correspondance datée du 8 septembre 2026, le Mouvement des Nationaux Progressistes pour le Redressement d’Haïti (MNPRH) annonce à son tour son retrait d’« Anfòs Pou Sove Lonè ».

Mais contrairement au Parti Le Réformiste, le MNPRH ne se contente pas d’invoquer son autonomie politique.

Le mouvement, par la voix de son secrétariat général, affirme avoir pris connaissance d’une copie d’un procès-verbal daté du 31 août 2026, signé, selon lui, par sept des dix partis politiques composant le groupement et adressé au CEP.

Surtout, le MNPRH soutient qu’« aucune discussion préalable n’a été engagée avec l’ensemble des dix partis concernés ».

Une affirmation qui, si elle est confirmée, pose directement la question du fonctionnement interne et du processus de décision au sein d’« Anfòs Pou Sove Lonè ».

Le MNPRH demande donc au Conseil électoral de prendre acte de son départ, mais aussi de procéder aux « vérifications » et aux « ajustements nécessaires » concernant la composition du groupement afin que celle-ci reflète, écrit-il, la volonté et la participation effective des partis qui le composent.

La lettre est signée par le Dr Roland Fleurizier, pour le secrétariat général du MNPRH.

Deux retraits, une question de représentativité

Ces deux départs successifs ne constituent donc plus seulement une affaire interne.

Ils placent désormais le CEP devant une question administrative et politique : quelle est aujourd’hui la composition effective d’« Anfòs Pou Sove Lonè » ?

Le problème prend une dimension particulière puisque le groupement participe aux discussions politiques et électorales en cours et fait partie des structures qui entendent peser sur l’organisation du scrutin.

Avec deux formations qui demandent officiellement à être retirées de ses rangs, sa représentativité pourrait désormais faire l’objet d’un réexamen par l’institution électorale.

À ce stade, Alternance Média n’a connaissance d’aucune décision officielle du CEP statuant sur les conséquences de ces deux retraits. Les correspondances demandent précisément au Conseil d’en prendre acte et d’effectuer les modifications nécessaires dans ses dossiers.

Une fissure au mauvais moment

L’affaire intervient alors que les groupements politiques multiplient les consultations autour de la transition, de la sécurité et des conditions d’organisation des prochaines élections.

« Anfòs Pou Sove Lonè » est notamment associé au Forum des 9, engagé ces dernières semaines dans des discussions avec différents acteurs nationaux et internationaux sur la conduite du processus politique.

Les deux lettres obtenues par Alternance Média viennent donc déplacer le débat : au-delà des critiques adressées au processus électoral, c’est désormais la cohésion interne de l’un des groupements qui se retrouve sous les projecteurs.

Le CEP devra dire s’il entérine ces départs et, surtout, quelles conséquences ils auront sur la composition officiellement reconnue du groupement n° 9.

Pour « Anfòs Pou Sove Lonè », la question est désormais difficile à contourner : après le départ officiel de deux de ses composantes, qui représente encore exactement le groupement devant le CEP et dans les consultations politiques en cours ?

Service Politique — Alternance Média

By Jeamson LIZINCE

Jeameson LIZINCE est expert en gestion de projet, diplômé en gestion des ressources humaines, étudiant en science politique à IERAH ( Université d' État d 'HaÏti ) et journaliste politique d' ALTERNANCE MÉDIA

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