À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, 150 facilitateurs en santé mentale vont être déployés dans le système éducatif. Leur mission : accompagner les élèves confrontés aux traumatismes, renforcer leur résilience et favoriser un environnement scolaire plus protecteur. En parallèle, 30 formateurs doivent soutenir la transformation numérique de l’école.
Port-au-Prince, 4 septembre 2026 — Face aux traumatismes qui pèsent sur les enfants et les adolescents, le gouvernement veut renforcer l’accompagnement en milieu scolaire. Ce vendredi 4 septembre, 150 facilitateurs en santé mentale ont été officiellement déployés, lors d’une cérémonie présidée à l’Hôtel Karibe par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Le dispositif réunit 80 cadres de la Police nationale d’Haïti (PNH) et 70 cadres du ministère de l’Éducation nationale (MENFP). Trente formateurs en éducation numérique complètent le programme.
Repérer, accompagner, orienter
Le rôle des facilitateurs ne consiste pas à se substituer aux psychologues ou aux professionnels de santé mentale. Ils doivent surtout constituer un premier niveau d’accompagnement dans l’environnement scolaire : contribuer à repérer les élèves en difficulté, favoriser l’écoute, soutenir la résilience et, lorsque cela est nécessaire, faciliter leur orientation vers une prise en charge adaptée.
Une mission particulièrement sensible dans un contexte où de nombreux enfants sont exposés à la violence, à l’insécurité, aux déplacements et à la désorganisation de leur environnement familial ou scolaire.
Le Premier ministre a d’ailleurs présenté la santé mentale à l’école comme une « urgence nationale », au regard des traumatismes auxquels sont confrontés les jeunes.
« Il n’y a pas d’avenir sans éducation. Il n’y a pas de progrès sans stabilité. Cette stabilité, nous allons la bâtir ensemble », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé.
Le numérique en parallèle
Autre volet du dispositif : 30 formateurs en éducation numérique doivent accompagner la modernisation des pratiques et l’intégration des outils numériques dans le système éducatif.
Le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, présente ces deux chantiers — santé mentale et numérique — comme des leviers pour renforcer une école confrontée à de profondes difficultés.
À quelques jours de la rentrée 2026-2027, le gouvernement annonce également l’ouverture prochaine de nouvelles écoles modernes dans l’Artibonite et le Nord.
Reste désormais à mesurer l’impact concret du dispositif. Déployer 150 facilitateurs constitue une première étape ; leur capacité à atteindre les élèves les plus vulnérables, à travailler durablement dans les établissements et à disposer de relais professionnels en cas de situations graves sera déterminante.
Dans une école haïtienne déjà mise à rude épreuve par la crise sécuritaire, le véritable test commencera donc après les cérémonies : dans les salles de classe et au contact des élèves.