En ce 9 juillet, l’universitaire Elucson JEAN BAPTISTE ne célèbre pas seulement une année de plus. Il célèbre avant tout un engagement qui ne l’a jamais quitté : la conviction profonde qu’Haïti peut encore se relever. Mais cette renaissance ne sera possible que si nous avons le courage de transformer nos paroles en actions, nos aspirations en décisions et nos espoirs en réalisations concrètes, analyse , dans sa chronique, Elucson Jean Baptiste, enseignant et éditorialiste « Alternance Média «
À chaque nouvelle crise, nous réclamons un nouvel accord. À chaque transition, nous rédigeons un nouveau pacte. À chaque impasse politique, nous promettons une nouvelle gouvernance. Pourtant, malgré cette succession d’engagements et de promesses, la République d’Haïti reste confrontée aux mêmes difficultés depuis des décennies.
CRISE POLITIQUE : DES ACCORDS RÉPÉTÉS, UNE TRANSFORMATION ABSENTE
En relisant l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire du 11 septembre 2021, le consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes du 21 décembre 2022, l’accord politique du 3 avril 2024, ainsi que le Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections du 23 février 2026, une question fondamentale s’impose à nous : combien de fois avons-nous déjà écrit, dans des textes solennels, des engagements que nous n’avons jamais eu la volonté de traduire en actes ? Ces accords évoquent la neutralité de l’État, un gouvernement au service exclusif de la Nation, la sécurité, l’organisation d’élections crédibles, le respect des institutions, la justice, la responsabilité et l’intérêt général. Ces principes sont-ils absents de nos lois ? Certainement pas. Ce qui manque, c’est notre capacité collective à les mettre en œuvre.
Voilà peut-être notre véritable tragédie. Nous ne souffrons pas d’un déficit de textes, mais d’un déficit de volonté et de clairvoyance politiques. Nous modifions la Constitution Haïtienne, nous changeons régulièrement de gouvernement, nous signons de nouveaux accords et de pactes, mais changeons-nous réellement notre manière de faire de la politique ? Voilà la question qui mérite d’être posée aujourd’hui.
Car un pays ne se reconstruit pas uniquement en signant des accords. Il se reconstruit lorsque la parole donnée par les autorités retrouve sa valeur, lorsque les institutions républicaines inspirent confiance et lorsque les règles s’imposent à tous, sans distinction.
Ce 9 juillet marque pour le juriste de formation une nouvelle année de vie. Avec le temps, il a compris que vieillir n’a de sens que si l’on apprend à regarder la République d’Haïti avec lucidité. Toutefois, « il est facile d’accuser les autres. La responsabilité, elle, commence lorsqu’on accepte de s’interroger sur nous-mêmes : sommes-nous encore une société qui respecte ses propres engagements ? » a-t-il souligné.
Si demain un nouveau pacte est signé avec les mêmes acteurs politiques, quelle garantie aurons-nous qu’il ne connaîtra pas le même destin que tant d’autres avant lui ? Le problème n’est peut-être pas le prochain accord. Le problème est peut-être notre rapport à la parole sincère. Nous avons progressivement banalisé les promesses non tenues, appris à vivre avec l’exception et fini par considérer l’irrespect des règles comme une fatalité. C’est précisément là que commence la destruction silencieuse d’une nation.
ROMPRE AVEC LA FATALITÉ : SURSAUT ET RESPONSABILITÉ COLLECTIVE
Le juriste de formation, professeur de mathématiques, concepteur techno pédagogique, refuse catégoriquement cette fatalité. Il continue de croire que la République d’Haïti peut renaître de ses cendres. Mais cette renaissance ne viendra ni d’un homme providentiel, ni de la communauté internationale, ni d’un énième accord politique ou pacte. Elle commencera le jour où chacun acceptera que la République d’Haïti soit notre responsabilité commune, que la loi doit être plus forte que les intérêts particuliers ou partisans et que la parole donnée par les autorités doit, in fine, redevenir sacrée.
En ce 9 juillet, à l’occasion de l’anniversaire du juriste de formation, Elucson JEAN BAPTISTE, responsable de la structure « Engagement Citoyen », et membre de la « Tribune Libre & Démocratique », un appel solennel est lancé à l’ensemble des haïtiens. Il les invite à prendre pleinement leurs responsabilités afin de contribuer au redressement national et de sortir la République d’Haïti de la situation critique et préoccupante qu’elle traverse, car « si le Premier Ministre actuel, Alix Didier Fils-Aimé, venait à être empêché d’exercer ses fonctions, qui assurerait la direction du pays ? » a-t-il interrogé.