Paris, 4 mai 2026 — En déplacement entre l’Afrique, l’Europe et prochainement les États-Unis, le ministre de l’Éducation nationale, le Docteur Vijonet Déméro, a détaillé une série d’initiatives et de projets visant à transformer en profondeur le système éducatif haïtien. Lors d’une interview accordée à Alternance Média, Télé Spiral et HARD-INFO, il a présenté les grandes lignes de son action et les objectifs de sa mission internationale.
Le titulaire du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a indiqué avoir participé récemment, au Cameroun, à une conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la francophonie. Cette rencontre a permis, selon lui, d’aboutir à plusieurs accords de coopération en faveur d’Haïti, notamment dans les domaines de la révision des manuels scolaires et de la formation des enseignants.
Dans la continuité de ces échanges, le ministre a également rencontré des responsables de l’UNESCO, avec qui il envisage de développer des centres d’excellence en micro-sciences. Ce dispositif, déjà expérimenté dans le cadre de projets soutenus par l’organisation internationale, vise à renforcer l’enseignement des disciplines scientifiques telles que la biologie, la physique et la chimie. L’objectif affiché est d’implanter un centre par département éducatif et de doter progressivement les lycées et écoles nationales de laboratoires adaptés.
Parallèlement, le ministre a présenté un ambitieux projet de transformation numérique du système éducatif, structuré en trois phases. La première consiste à garantir l’accès à l’électricité et aux technologies dans les écoles, la deuxième à former les acteurs éducatifs à l’utilisation de ces outils, et la troisième à développer leurs compétences numériques. Ce programme prévoit notamment la formation de formateurs spécialisés, le déploiement de 300 tuteurs à l’échelle nationale et l’accompagnement de 5 000 enseignants.
Selon le patron du MENFP, l’objectif est de permettre à toutes les écoles publiques de disposer d’une connexion Internet et d’un système énergétique autonome, basé notamment sur des solutions d’énergie renouvelable, indépendantes du réseau de l’Électricité d’Haïti. Il évoque l’échéance du 4 décembre 2026 pour amorcer des résultats concrets dans ce domaine.
Sur le plan pédagogique, le ministre a également annoncé la mise en place de plateformes numériques dans les établissements scolaires publics. Ces outils permettront de numériser et de rendre accessible en ligne le travail des enseignants, offrant ainsi aux élèves, aux parents et à la communauté éducative un meilleur suivi des activités académiques.
« Chaque école publique aura une plateforme. Le travail des enseignants sera numérisé et mis en ligne afin de permettre un suivi transparent », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les défis liés à la mise en œuvre de cette réforme.
Cette transformation s’inscrit dans une stratégie plus large nécessitant un appui financier international. Le ministre a précisé que le projet devrait être soutenu par la Banque interaméricaine de développement, avec laquelle il prévoit de s’entretenir prochainement à Washington afin de mobiliser les ressources nécessaires.
En parallèle, le professeur Vijonet Déméro entend renforcer l’implication de la diaspora haïtienne dans ce processus. Il appelle les compétences haïtiennes établies à l’étranger, notamment en France, au Canada et aux États-Unis, à contribuer à la modernisation du système éducatif, y compris à distance.
« Le plus grand moyen que nous avons aujourd’hui, c’est la volonté, mais aussi les ressources humaines disponibles. Les techniciens haïtiens, où qu’ils soient, peuvent contribuer à l’évolution du pays », a-t-il affirmé.
Ces annonces interviennent alors que le ministère fait face à des attentes importantes en matière de gouvernance, de modernisation et de résultats concrets. Elles traduisent une orientation vers une réforme structurelle appuyée sur la coopération internationale et la mobilisation des compétences nationales et de la diaspora.