Dans une note datée du 20 septembre, la Coalition des Forces Républicaines (CFR), qui revendique 44 partis et organisations, durcit le ton contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle conteste sa conduite de la transition et réclame une nouvelle gouvernance avant la poursuite du processus électoral.

Port-au-Prince, 21 septembre 2026 — La Coalition des Forces Républicaines (CFR) passe à l’offensive. Dans une prise de position particulièrement critique, elle met en cause la gestion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sur plusieurs dossiers : sécurité, élections, gouvernance et engagement politique du chef du gouvernement. 

La CFR estime d’abord que les conditions sécuritaires nécessaires à l’organisation des élections ne sont pas réunies. Elle pointe l’emprise des groupes armés, les enlèvements, les déplacements de population et la crise humanitaire. Pour la coalition, le déblocage et la sécurisation des grands axes routiers doivent notamment précéder le scrutin.

La plateforme de Fils-Aimé dans le viseur

Le principal grief est toutefois politique. La CFR reproche au Premier ministre de participer à la construction de sa propre plateforme , ( VIKTWA) , alors qu’il dirige le gouvernement chargé d’accompagner le pays vers les élections.

La coalition considère que cette situation risque de créer un déséquilibre entre les forces en compétition, compte tenu de la position institutionnelle du chef du gouvernement et des moyens dont dispose l’exécutif. Elle lui reproche également de ne pas respecter, selon son interprétation, les engagements du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.

La CFR s’en prend aussi au déplacement d’Alix Didier Fils-Aimé à New York dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle conteste les conditions de cette représentation et critique l’utilisation de ressources publiques.

Un sommet politique réclamé

Pour sortir de l’impasse, cette large coalition politique réclame une gouvernance qu’elle veut « rassurante et équilibrée ». Elle se prononce parallèlement pour le maintien de l’actuel Conseil électoral provisoire et demande la sécurisation des routes nationales.

La coalition propose surtout la tenue d’un sommet politique réunissant le gouvernement, les acteurs politiques et la société civile, en présence d’observateurs de la CARICOM, de l’ONU, de l’OEA et de l’OIF. La gouvernance de la transition, une modification du décret électoral et un nouveau calendrier devraient, selon elle, être au cœur des discussions. 

La note est signée par Me André Michel, Marie-Denise Claude, Levaillant Louisjeune, Fresnel Afice, Alex Larsen, Nelus Nerius, Robenson Mazarins, Sidoine Joseph et Jean Pierre-Richard Félicien.

Avec cette sortie, la CFR déplace ainsi le bras de fer sur un terrain central : qui doit conduire la dernière phase de la transition et dans quelles conditions avant les élections ?

By Jeamson LIZINCE

Jeameson LIZINCE est expert en gestion de projet, diplômé en gestion des ressources humaines, étudiant en science politique à IERAH ( Université d' État d 'HaÏti ) et journaliste politique d' ALTERNANCE MÉDIA

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