Pétion-Ville, 27 septembre 2026 — Pétion-Ville sous les couleurs de VIKTWA. Ce dimanche, la plateforme politique a déployé une impressionnante démonstration de force autour de Wilner Joseph : maillots, képis, bus, motos et bandes de rara ont déferlé dans plusieurs rues, paralysant par endroits la circulation et bouleversant pendant des heures le quotidien des riverains.
La tension aurait également débordé du terrain politique. Des comportements agressifs envers des personnes présentées comme des adversaires de VIKTWA ont été rapportés au cours de la mobilisation.
Mais derrière les rara et la démonstration de puissance, une question autrement plus explosive se pose : qui paie la facture ?
Selon les informations recueillies par Alternance Média, des moyens provenant de plusieurs institutions publiques — ONA, FAES, ministère de l’Intérieur, ministère de la Défense, AAN, OFNAC et MEF — ainsi que des frais d’intelligence et d’autres ressources de l’administration de l’État seraient mis à contribution dans la dynamique politique entourant VIKTWA.
À quelques mois des élections, le mélange des genres devient explosif. L’État finance-t-il l’État ou construit-il une machine électorale ?
Le Pacte national, dans son article 5, interdit pourtant l’utilisation des ressources publiques à des fins partisanes. Dès lors, la mobilisation de Pétion-Ville dépasse largement le simple meeting politique : elle remet au centre du débat la frontière entre les moyens de la République et ceux d’un camp engagé dans la bataille électorale.
À mesure que VIKTWA occupe le terrain, une interrogation s’impose : assiste-t-on à l’installation progressive d’un État-parti, où administration publique, ressources institutionnelles et intérêts électoraux finissent par se confondre ?