Éditorial

La note de presse publiée le 8 juin 2026 par les principales organisations patronales du pays ressemble à une démonstration d’unité rarement observée dans le secteur privé haïtien. Derrière les appels à la concertation, à la transparence électorale et à la stabilité institutionnelle, une autre lecture est possible : celle d’un grand patronat qui se mobilise comme un seul homme derrière son poulain politique, le premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, analyse , dans son éditorial, Tanes DESULMA, directeur de la rédaction «  ALTERNANCE MÉDIA « 

Pour de nombreux citoyens, ce soutien ne relève pas du hasard. Il s’inscrit dans une relation de proximité entre le pouvoir et les grandes fortunes du pays, dont les intérêts économiques ont souvent été protégés par les décisions de l’État. La récente suppression des taxes sur les génératrices , les batteries et les panneaux solaires en est une illustration frappante.

Présentée comme une mesure destinée à améliorer l’accès à l’énergie et à permettre aux Haïtiens de suivre la Coupe du monde 2026 dans de meilleures conditions, cette décision soulève néanmoins plusieurs interrogations. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette exonération fiscale ? Les consommateurs ou les grands importateurs de matériel énergétique ? L’État renonce à des recettes importantes au moment même où les services publics sont en crise et où les besoins sociaux explosent.

Pour les critiques du gouvernement, la réponse est claire : cette mesure constitue un cadeau fiscal accordé à des groupes économiques déjà privilégiés. Elle s’ajoute à une longue série de décisions perçues comme favorables aux intérêts d’une minorité influente plutôt qu’à ceux de la majorité des Haïtiens.

Dans ce contexte, le soutien public affiché par les associations patronales à Alix Didier Fils-Aimé apparaît, aux yeux de ses détracteurs, comme un retour d’ascenseur. Les avantages accordés aujourd’hui expliqueraient les appuis reçus demain. Une logique d’échange de faveurs qui nourrit la méfiance d’une population déjà lassée par les promesses non tenues et les inégalités persistantes.

Pendant que les grands patrons applaudissent, la majorité des Haïtiens continue de faire face à l’insécurité, à la cherté de la vie, au chômage et à l’effondrement des services essentiels. C’est là que se trouve le véritable test du pouvoir : servir les intérêts de quelques-uns ou répondre enfin aux attentes du plus grand nombre.

Quand les oligarques parlent d’une seule voix, il est légitime de se demander au nom de qui gouverne réellement l’État.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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