Le peuple haïtien attend désormais des actes. En fixant au 13 décembre 2026 le premier tour de l’élection présidentielle, des législatives ainsi que le référendum constitutionnel, le Conseil électoral provisoire (CEP) a pris un engagement solennel envers la nation. Cette échéance ne constitue pas une simple annonce administrative : elle représente une promesse faite à des millions de citoyens qui aspirent au retour d’institutions démocratiques légitimes après plusieurs années de transition, analyse sa chronique, Elucson Jean Baptiste, éditorialiste « Alternance Média «
Dès lors, si ce calendrier ne devait pas être respecté, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et le CEP auraient le devoir politique, moral et institutionnel de rendre des comptes. Ils devraient expliquer, avec précision et en toute transparence, les raisons d’un éventuel échec, l’utilisation des ressources mobilisées, les obstacles rencontrés ainsi que les mesures envisagées pour éviter que le pays ne s’enfonce davantage dans une nouvelle période d’incertitude institutionnelle.
Nul ne conteste que l’insécurité, la faiblesse des institutions et les contraintes logistiques constituent des défis majeurs. Ces réalités imposent des réponses rapides, coordonnées et efficaces. Toutefois, elles ne sauraient servir de justification permanente au report du droit fondamental des citoyens à choisir librement leurs dirigeants. La transition ne peut devenir une fin en soi. Elle n’a de légitimité que si elle prépare effectivement le retour à un ordre constitutionnel fondé sur la souveraineté populaire.
La mission confiée aux autorités de transition est claire : créer les conditions permettant l’organisation d’élections crédibles, inclusives, libres et transparentes. Si cet objectif n’est pas atteint, elles devront assumer pleinement leurs responsabilités devant la nation.
En démocratie, la confiance ne repose pas sur les promesses, mais sur les résultats. L’avenir d’Haïti ne peut être décidé par quelques acteurs politiques ou institutionnels. Il appartient exclusivement au peuple haïtien, seul détenteur de la souveraineté nationale, de choisir librement son destin dans les urnes.