L’Accord de Montana partage le diagnostic alarmant de la Conférence épiscopale d’Haïti sur l’insécurité, l’affaiblissement de l’État et les incertitudes électorales. Mais il appelle désormais l’Église à dépasser les constats et s’interroge parallèlement sur les résultats de la Force de répression des gangs.
Port-au-Prince, 1er octobre 2026 — L’Accord de Montana hausse le ton. Dans un communiqué, l’organisation prend acte de la récente position de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), dont le constat sur l’insécurité, l’affaiblissement de l’autorité de l’État et les incertitudes entourant les élections rejoint plusieurs de ses préoccupations.
Mais Montana estime que le temps des seuls constats est dépassé. Tout en reconnaissant l’autorité morale et l’influence nationale de l’Église catholique, il considère que « l’heure ne peut plus être uniquement aux constats et aux déclarations » et appelle à « l’action, au dialogue et à la responsabilité ».
Le mouvement questionne notamment les résultats des démarches entreprises par des personnalités se réclamant de l’Église ou agissant en son nom. Ont-elles rapproché les acteurs ? Favorisé le dialogue politique ? Contribué à préparer des élections crédibles ? Montana réclame davantage de cohérence, de coordination et de transparence.
L’interpellation s’étend aux universités, barreaux, syndicats, organisations de la société civile, secteur privé, jeunes et diaspora, tous appelés à « sortir de l’attentisme ». Pour Montana, la crise ne peut être résolue par les seuls acteurs politiques.
La FRG face à la question des résultats
Sur le front sécuritaire, Montana questionne également l’efficacité de la Force de répression des gangs (FRG). S’il reconnaît la nécessité d’un appui technique international, il estime que le renouvellement d’un mandat ne constitue pas, à lui seul, une réponse à la crise.
La structure pose quatre questions : la population est-elle mieux protégée ? L’État reprend-il durablement le contrôle des territoires ? Les infrastructures et axes stratégiques sont-ils sécurisés ? Les capacités de la PNH et des FAd’H sont-elles réellement renforcées ?
Pour Montana, la coopération internationale doit renforcer les capacités nationales plutôt que se substituer durablement aux institutions haïtiennes. La protection de la population et le rétablissement de l’autorité de l’État demeurent, insiste l’organisation, une responsabilité nationale.
Service politique — Alternance Média