Entre salaires et prestations impayés, subventions scolaires toujours attendues et engagements non respectés, plusieurs organisations syndicales du secteur éducatif interpellent le gouvernement. Elles réclament notamment des explications au ministère de l’Économie et des Finances, au FAES et au FNE et menacent de lancer une mobilisation nationale.

Les syndicats d’enseignants haïtiens durcissent le ton. Plusieurs responsables syndicaux dénoncent des retards de paiement, des engagements qui tardent à être exécutés et l’absence de réponses sur plusieurs programmes annoncés en faveur des enseignants et des familles.

FELIXMA Cédoine, président du CO-CFEF, pointe notamment le dossier des subventions scolaires impliquant le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) et le Fonds national de l’éducation (FNE).

Il réclame des explications sur les 15 000 gourdes annoncées en faveur d’environ 140 000 parents, alors que, selon les responsables syndicaux, les bénéficiaires attendent toujours le versement. Les syndicats demandent également au FAES de faire la lumière sur les kits scolaires annoncés et au FNE de préciser le sort des fonds destinés à soutenir des parents dont les enfants fréquentent des écoles privées.

Quatre promotions du CFEF également concernées

Cédoine FELIXMA dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de mauvais traitements infligés aux enseignants, notamment lorsque ceux-ci doivent attendre pendant de longues périodes le paiement de sommes correspondant à des services déjà fournis.

Le président du CO-CFEF soulève également la question des sommes dues à quatre promotions du CFEF, un dossier sur lequel les organisations concernées réclament des réponses des autorités.

De son côté, LOUISSAINT Claudin, coordonnateur national de REFERANS, apporte des précisions sur les montants liés à la période de probation des CFEFiens. Les syndicats demandent que les dossiers administratifs et financiers concernés soient régularisés.

L’accord du 20 janvier remis sur la table

CASIMIR Sadrac, l’un des représentants nationaux de la COPLASHEQ, replace ces revendications dans le cadre plus large de l’accord du 20 janvier conclu entre l’État, le MENFP et les organisations syndicales.

Pour les syndicalistes, plusieurs engagements découlant de cet accord restent à concrétiser. Ils demandent donc au gouvernement et aux institutions concernées d’apporter des réponses précises sur leur niveau d’exécution.

Le CO-CFEF et REFERANS comptent parmi les organisations syndicales fondatrices de la COPLASHEQ, qui entend désormais augmenter la pression sur les autorités.

La COPLASHEQ brandit la menace d’une mobilisation nationale

Les responsables syndicaux avertissent que l’attente ne pourra pas se prolonger indéfiniment.

Si les autorités ne prennent pas leurs responsabilités et si aucune réponse concrète n’est apportée aux différentes revendications, la COPLASHEQ annonce qu’elle s’orientera vers une mobilisation à l’échelle nationale pour contraindre le gouvernement à répondre aux revendications des enseignants.

Dans le viseur des syndicats figurent ainsi plusieurs institutions de l’État, mais également le ministère de l’Économie et des Finances. Ils attendent notamment du ministre Serge Gabriel Colin des réponses sur le déblocage et le traitement des dossiers financiers en souffrance.

Pour les organisations syndicales, le message est désormais clair : après les promesses et les accords, elles réclament des paiements, des explications et des actes.

Reportage : Jean-Baptiste Larosilière
Alternance Média — L’info autrement

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