La FUSION estime que les conditions sécuritaires actuelles ne permettent pas l’organisation d’élections crédibles et réclame un calendrier électoral réaliste et transparent.

La Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) hausse le ton face aux annonces du gouvernement de transition concernant l’organisation prochaine d’élections générales et d’un référendum constitutionnel. Dans une note publique, le parti dénonce ce qu’il qualifie d’« effets d’annonce » destinés à rassurer la communauté internationale, alors que les conditions réelles nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible demeurent largement insuffisantes.

Pour les Sociaux – Démocrates , la question électorale ne peut être réduite à une simple échéance politique. Elle constitue avant tout un enjeu de crédibilité démocratique. Le parti estime qu’Haïti ne peut continuer à avancer vers des élections générales sur la base d’annonces floues, de promesses difficilement réalisables et de calendriers improvisés.

Selon la formation politique de gauche, les autorités de transition tentent de projeter l’image d’un pays prêt à organiser des consultations populaires dans les prochains mois, alors même que les défis sécuritaires, logistiques et politiques restent considérables. Cette stratégie, affirme la FUSION, risque d’éroder davantage la confiance de la population dans un processus électoral déjà fragilisé par plusieurs années de crise institutionnelle.

La sécurité demeure la principale préoccupation soulevée par le parti. Une partie importante du territoire national continue d’être sous l’influence ou le contrôle de groupes armés. Dans plusieurs zones du pays, les citoyens ne circulent pas librement, tandis que des milliers de familles ont été contraintes de fuir leur domicile en raison de l’insécurité.

Dans un tel contexte, la FUSION/PFSDH juge irréaliste l’idée d’organiser une campagne électorale nationale sérieuse et inclusive. Le parti rappelle qu’un processus démocratique exige non seulement la liberté de circulation des candidats et des électeurs, mais également l’existence d’un environnement sécuritaire permettant le débat public, les rassemblements politiques et l’expression libre des opinions.

L’organisation politique, membre de l’international socialiste, estime également que l’absence de calendrier électoral clair crée une inégalité entre les acteurs politiques. Les partis structurés, qui souhaitent préparer sérieusement leur participation aux élections, se retrouvent pénalisés par cette incertitude permanente. À l’inverse, ceux qui disposent de ressources financières importantes ou de réseaux informels peuvent plus facilement improviser une campagne de dernière minute et influencer artificiellement le processus.

Face à cette situation, la FUSION/PFSDH réclame l’adoption d’un calendrier électoral réaliste, public, prévisible et élaboré en concertation avec les partis politiques. Elle appelle le Conseil Électoral Provisoire (CEP) à faire preuve de transparence et à informer clairement la population de l’état réel des préparatifs électoraux.

Le parti invite également le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à privilégier la vérité et la responsabilité politique plutôt que les annonces destinées à satisfaire les attentes des partenaires internationaux.

Pour la FUSION/PFSDH, l’organisation d’élections crédibles ne peut résulter d’une pression extérieure ou d’un simple impératif de calendrier. Elle doit reposer sur des conditions minimales de sécurité, de transparence et de confiance publique.

« Haïti a besoin d’élections crédibles, pas d’un simulacre électoral sous pression », conclut la note du parti.

Une question centrale pour la transition

Au-delà de la position exprimée par la FUSION/PFSDH, le débat relance une interrogation fondamentale sur l’avenir de la transition politique en Haïti : comment concilier les attentes de la communauté internationale avec les réalités du terrain ?

Alors que les autorités affirment vouloir conduire le pays vers le retour à l’ordre constitutionnel, de nombreuses voix continuent de souligner que la réussite du processus dépendra avant tout de sa crédibilité. Dans cette perspective, la prévisibilité du calendrier électoral apparaît non seulement comme une exigence technique, mais aussi comme une condition essentielle au rétablissement de la confiance entre les citoyens, les institutions et les acteurs politiques.

À l’approche des échéances annoncées pour 2026, le défi demeure entier : organiser des élections capables de renforcer la démocratie haïtienne plutôt que d’alimenter de nouvelles contestations.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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