À quelques mois de l’échéance électorale annoncée par les autorités de transition, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) poursuit activement ses consultations avec les principaux acteurs de la vie politique haïtienne. Mardi 16 juin, les membres du Groupe des Éminentes Personnalités de l’organisation régionale ont tenu une réunion virtuelle de plus de deux heures avec plusieurs dirigeants de l’opposition afin d’évaluer l’état du processus électoral et les perspectives d’une sortie de crise.

Cette rencontre, organisée dans la plus grande discrétion, intervient alors que la communauté internationale continue de faire des élections la principale voie de sortie à l’impasse institutionnelle que connaît Haïti depuis plusieurs années.

La délégation de la CARICOM était composée de trois anciens chefs de gouvernement de la région : Perry Christie, ancien Premier ministre des Bahamas, Kenny Anthony, ancien Premier ministre de Sainte-Lucie, et Bruce Golding, ancien Premier ministre de la Jamaïque. La réunion était présidée par Perry Christie, doyen du groupe des Éminentes Personnalités chargé du dossier haïtien.

La question électorale au cœur des discussions

Selon plusieurs sources proches des échanges, les discussions ont essentiellement porté sur la préparation des élections et sur le rôle que l’opposition entend jouer dans un processus appelé à redéfinir l’avenir politique du pays.

Les représentants de la CARICOM ont cherché à mesurer le degré d’adhésion des différentes forces politiques aux élections annoncées pour la fin de l’année. Ils ont également insisté sur la nécessité de mettre en place un processus électoral crédible, inclusif et équilibré, dont les résultats pourraient être acceptés par l’ensemble des acteurs politiques.

Au cours de la rencontre, les émissaires régionaux ont rappelé l’engagement pris par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’organiser les élections avant la fin de l’année 2026. Un engagement qui demeure au centre des attentes de la communauté internationale, malgré les défis sécuritaires et institutionnels auxquels le pays continue de faire face.

Une résolution dont le contenu demeure inconnu

Selon les informations obtenues par Alternance Média, une résolution qualifiée d’importante a été adoptée à l’issue de la réunion. Son contenu n’a toutefois pas été rendu public.

Ce silence nourrit déjà les interrogations quant aux orientations qui pourraient être prises par la CARICOM dans les semaines à venir. Plusieurs observateurs y voient le signe que l’organisation régionale prépare une nouvelle phase de son implication dans le dossier haïtien.

La CARICOM a par ailleurs confirmé qu’une mission se rendra prochainement à Port-au-Prince afin d’évaluer directement l’évolution de la situation politique et les conditions d’organisation des élections.

André Michel au premier plan

Du côté haïtien, plusieurs personnalités politiques ont participé aux échanges, parmi lesquelles Marie Denise Claude, Marjory Michel, Emmelie Prophète, Sorel Jacinthe, Levaillant Louis-Jeune, Jean Michel Lapin, Wagner Édouard, Ricard Pierre, Rodon Bien-Aimé, Jorgeat Adelson, Dieudonné Lubin, Patrick Sully et Francenet Denius.

Selon nos sources, l’avocat et dirigeant politique André Michel a joué un rôle central au cours de la rencontre. Principal intervenant du côté haïtien, il aurait coanimé les discussions avec les représentants de la CARICOM, occupant ainsi une place de premier plan dans les échanges consacrés à l’avenir du processus électoral.

Une offensive diplomatique qui se poursuit

Les consultations ne devraient pas s’arrêter là. Selon plusieurs sources concordantes, la CARICOM prévoit de rencontrer d’autres représentants de l’opposition au cours du week-end afin d’élargir ses consultations et de recueillir un maximum de points de vue avant sa mission en Haïti.

Cette démarche témoigne de la volonté de l’organisation régionale de favoriser un consensus politique minimal autour des élections. Pour la CARICOM, la crédibilité du scrutin dépendra autant des conditions matérielles de son organisation que de l’adhésion des principaux acteurs politiques.

Alors que l’insécurité demeure le principal obstacle à toute normalisation institutionnelle, les prochaines semaines pourraient s’avérer déterminantes. La mission annoncée à Port-au-Prince apparaît désormais comme une étape majeure dans les efforts régionaux visant à éviter une nouvelle impasse politique et à créer les conditions d’un retour progressif à l’ordre constitutionnel.

Dans un pays où les transitions successives ont souvent débouché sur de nouvelles crises, la CARICOM semble vouloir s’assurer que les prochaines élections ne deviennent pas un facteur supplémentaire d’instabilité, mais au contraire le point de départ d’une reconstruction institutionnelle durable.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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