La Guaira (Venezuela) – « Je lui touchais le nez pour m’assurer qu’il respirait encore. » Cette phrase résume à elle seule les trente-deux heures d’angoisse vécues par Dayana Patino, une jeune mère vénézuélienne retrouvée vivante avec son nourrisson de seulement 18 jours après les violents séismes qui ont frappé le Venezuela le mercredi 24 juin.
Ensevelis sous les décombres de leur immeuble à La Guaira, ville côtière située au nord de Caracas et parmi les plus durement touchées par la catastrophe, Dayana Patino et son fils Juan David ont survécu contre toute attente avant d’être secourus par les équipes de secours.
Un instinct maternel plus fort que tout
Au moment où les premières secousses ont ébranlé l’immeuble, Dayana Patino faisait la vaisselle dans son appartement situé au huitième étage. Réagissant instinctivement, elle s’est précipitée vers son bébé pour le prendre dans ses bras.
Quelques secondes plus tard, l’immeuble s’effondre.
« J’ai eu l’impression de voler. Puis j’ai senti que je m’enfonçais dans l’eau et la boue avant de tomber dans le trou où je suis restée », raconte-t-elle à la BBC.
Malgré la violence de l’effondrement, elle ne lâchera jamais son enfant.
« Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas lâcher mon bébé. J’avais pourtant l’impression de voler », confie-t-elle.
« Tant qu’il était vivant, je restais en vie »
Coincée sous les gravats, privée de toute possibilité de fuir, la jeune mère n’avait qu’une seule obsession : maintenir son fils en vie.
« Tant qu’il était vivant, j’étais en vie. De temps en temps, je lui touchais le nez pour m’assurer qu’il respirait encore. »
Pendant plus d’une journée, cette simple vérification est devenue son seul repère au milieu de l’obscurité, du silence et de l’incertitude.
Un sauvetage qui émeut le Venezuela
Après trente-deux heures de recherches ininterrompues, les sauveteurs sont finalement parvenus à localiser la mère et son enfant.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent les secouristes extraire d’abord le nourrisson avant de le remettre sain et sauf dans les bras de son père. Environ une heure plus tard, Dayana Patino est également sortie des décombres sous les applaudissements des équipes de secours.
Cette séquence, largement relayée au Venezuela et à l’étranger, est devenue l’un des symboles les plus marquants de cette catastrophe naturelle.
Une histoire d’espoir au milieu du drame
Alors que les opérations de secours se poursuivent dans les zones les plus touchées par les séismes, l’histoire de Dayana Patino et de son fils Juan David incarne un rare moment d’espoir au cœur d’un lourd bilan humain et matériel.
Le récit de cette mère, qui n’a cessé de vérifier la respiration de son bébé pendant trente-deux heures sous les décombres, témoigne de la force du lien maternel et de l’extraordinaire capacité de résistance de l’être humain face aux catastrophes les plus extrêmes.