Une session mieux organisée malgré un contexte toujours fragile.

PORT-AU-PRINCE, le 16 juillet 2026. Les épreuves officielles du baccalauréat se sont achevées ce jeudi 16 juillet après quatre jours de composition. Dans un pays où l’insécurité et les difficultés logistiques perturbent désormais jusqu’au fonctionnement de l’école, cette session marque un relatif retour à la normale. Sans être exempte de difficultés, elle apparaît mieux organisée que celle de 2025, avec moins d’incidents signalés dans plusieurs centres d’examen.

Près de 118 090 candidats étaient inscrits cette année. Pour sécuriser les épreuves, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), dirigé par le ministre Vijonet DÉMÉRO, affirme avoir renforcé l’encadrement, amélioré la logistique et coordonné son action avec les autorités locales ainsi que les forces de sécurité. Dans plusieurs départements, des repas chauds ont également été distribués aux candidats mobilisés.

Sur le terrain, les premiers retours font état d’une organisation plus rigoureuse. Si les contraintes liées au contexte national demeurent, elles n’ont pas provoqué les perturbations observées lors des sessions précédentes. Cette amélioration, saluée par de nombreux acteurs du secteur éducatif, témoigne d’une meilleure anticipation et d’une coordination plus efficace entre les différents intervenants.

À la sortie de plusieurs centres d’examen, Alternance Media TV a recueilli les réactions des candidats. Tous saluent une organisation globalement satisfaisante, mais leurs impressions divergent sur le niveau des épreuves.

« Les sujets étaient conformes au programme. J’ai bien géré mon temps et je suis confiante pour les résultats. Les efforts de toute l’année ont porté leurs fruits. »
Marie Stéphanie Pierre, candidate.

« Certaines matières étaient abordables, mais d’autres étaient beaucoup plus difficiles que ce à quoi je m’attendais. Malgré tout, j’ai donné le meilleur de moi-même. »
Jeffson Louis, candidat.

« Les conditions de composition étaient meilleures que l’année dernière. Nous avons pu travailler dans un climat plus calme. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre les résultats. »
Wideline Joseph, candidate.

« Je reconnais que je n’étais pas suffisamment préparée. Les examens étaient exigeants et cela montre qu’il faut travailler régulièrement tout au long de l’année. »
Roodberline Maxis, candidate.

Au-delà du verdict des copies, attendu dans les prochaines semaines, cette session rappelle une évidence : l’avenir d’Haïti ne se jouera pas uniquement sur le terrain sécuritaire ou politique. Il dépend aussi de la capacité du pays à reconstruire son école. Une éducation solide demeure le premier investissement d’une nation qui entend former des citoyens, réduire les inégalités et relancer son développement.

Améliorer les infrastructures scolaires, mieux former et valoriser les enseignants, garantir un accès équitable à l’instruction : ces priorités dépassent le simple cadre de la réussite aux examens. Elles conditionnent l’avenir du pays. Comme le rappelait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » En Haïti, cette formule résonne moins comme une citation que comme un impératif. Car chaque progrès accompli dans le système éducatif constitue une victoire sur les difficultés du présent et un investissement concret dans l’avenir de la nation.

By Willy DESULMA

Willy DÉSULMA, Normalien diplômé de l’École Normale Supérieure et économiste formé à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université d’État d’Haïti, est journaliste et responsable de l’information à Alternance Média TV. Passionné par la diffusion d’une information claire et fiable, il s’engage à informer avec rigueur et professionnalisme. Expert en analyse économique et éducation, il combine savoir et expertise pour éclairer l’actualité et contribuer au débat public.

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