Une semaine après son lancement officiel, l’Initiative du 14 Août pour le sauvetage du secteur populaire et progressiste (ISSEPP-14) veut changer d’échelle. Mardi 25 août, à Pétion-Ville, plusieurs centaines de responsables venus des dix départements et de la diaspora sont attendus. Une ambition domine : sortir de la dispersion et ouvrir la voie à une candidature unique à la présidentielle face à Michel Joseph Martelly et à ses alliés.
Le message se veut sans détour : cette fois, le camp populaire ne veut plus partir aux élections en ordre dispersé.
Après son lancement officiel du 18 août 2026, l’ISSEPP-14 entend franchir, mardi 25 août à Pétion-Ville, une nouvelle étape dans sa stratégie de rassemblement. Plusieurs centaines de militants, cadres, dirigeants politiques et représentants du monde paysan, venus des dix départements du pays ainsi que de la diaspora, sont annoncés.
Au cœur de cette mobilisation, une question qui travaille depuis longtemps cette famille politique : comment parvenir à une candidature présidentielle unique capable de fédérer ses différentes composantes ?
1990 comme horizon
Les promoteurs de l’initiative assument leur référence historique : le 16 décembre 1990. Ils veulent retrouver la dynamique d’unification populaire qui avait permis de transformer une mobilisation sociale et politique en victoire électorale.
Trente-six ans plus tard, le contexte a radicalement changé. Mais l’ISSEPP-14 veut remettre la question de l’unité au centre du jeu : dépasser les rivalités de leadership, construire un rapport de force national et empêcher une nouvelle dispersion des voix populaires.
La cible politique est clairement désignée. Dans son communiqué, l’organisation entend bâtir un front électoral capable de faire face à Michel Joseph Martelly et à ses alliés, qu’elle rattache au camp PHTK et qu’elle accuse d’avoir contribué à la dégradation politique et institutionnelle du pays.
Plusieurs poids lourds annoncés
Selon une source proche du comité d’initiative citée dans le communiqué, plusieurs personnalités politiques de premier plan ont confirmé leur participation.
Parmi les noms avancés figurent Antonio Chéramy, Marjory Michel, Jean Danton Léger, Gérald Germain, Nenel Cassy, Jude Célestin, Leslie Voltaire, André Michel, Levaillant Louis-Jeune et Alex Larsen.
Une affiche politiquement large, qui devra toutefois franchir l’étape la plus difficile : transformer la présence de plusieurs dirigeants autour d’une même table en véritable stratégie commune.
Car derrière l’appel à l’unité se profile déjà la question qui fâche : qui acceptera de s’effacer au profit d’un candidat unique ?
Le spectre de 2016
Pour l’ISSEPP-14, l’histoire électorale récente constitue l’avertissement à ne pas oublier. L’organisation estime que la fragmentation du camp populaire a contribué à ouvrir la voie à la victoire de Jovenel Moïse lors de la présidentielle de 2016.
C’est ce scénario qu’elle veut empêcher de se reproduire.
Dans sa lecture, l’équation est simple : un camp populaire divisé laisse le terrain à ses adversaires ; rassemblé, il peut prétendre reprendre l’initiative.
Reste maintenant à passer du slogan à la mécanique politique.
La rencontre de Pétion-Ville constituera donc un premier test grandeur nature après le lancement du 18 août. L’unité proclamée devra devenir une méthode, des compromis et, surtout, une procédure acceptée par tous pour parvenir à la désignation d’un seul candidat.
Mardi 25 août, l’ISSEPP-14 jouera ainsi une partie de son pari : démontrer qu’entre la mémoire de 1990 et la bataille électorale de 2026, le camp populaire est encore capable de fabriquer de l’unité — et d’en faire une force politique.
D’après une communication de la commission exécutive de l’ » ISSEP 14 ».