Haïti Solidaire affirme avoir découvert que certains membres de son Directoire national apparaissent comme affiliés à une autre structure politique sans avoir donné leur consentement. Son secrétaire général, Jean Raymond Policart, saisit le Conseil électoral provisoire et réclame une vérification des listes de 30 000 membres, des doublons et des NINU.
PORT-AU-PRINCE — Le dossier sensible des 30 000 membres revient au centre des interrogations sur la transparence du processus électoral. Cette fois, c’est Haïti Solidaire qui monte au créneau et interpelle directement le Conseil électoral provisoire (CEP).
À la suite de contrôles internes, le parti affirme avoir constaté que certains membres de son propre Directoire national apparaissent dans le système comme membres d’une autre structure politique. Les intéressés assurent pourtant, selon Haïti Solidaire, n’avoir jamais donné leur consentement à une telle affiliation.
« Cette situation est grave et mérite des explications. »
Une anomalie suffisamment sérieuse pour pousser le secrétaire général du parti, Jean Raymond Policart, à saisir officiellement le CEP dans une lettre ouverte.
Des affiliations contestées au cœur du dossier
Haïti Solidaire réclame désormais un réexamen des listes de 30 000 membres et une vérification approfondie des inscriptions faisant l’objet de contestations.
Le parti demande notamment au CEP de contrôler les éventuels doublons, les numéros d’identification nationale unique (NINU) ainsi que les affiliations dont l’authenticité est remise en cause par les citoyens concernés.
L’enjeu est de taille. Si des responsables politiques peuvent effectivement se retrouver enregistrés comme membres d’une autre organisation sans leur consentement, c’est la fiabilité du mécanisme de constitution et de validation des listes qui se retrouve directement questionnée.
« Pas de validation sans vérification »
Haïti Solidaire résume sa position en quatre principes :
« Pas d’inscription sans consentement. Pas de validation sans vérification. »
« Pas de démocratie sans transparence. Pas de traitement inégal entre les partis politiques. »
La formation demande également qu’un citoyen dont le nom ou le NINU apparaît sur la liste d’une organisation qu’il affirme ne pas avoir rejointe puisse contester cette affiliation et faire respecter librement son choix politique.
Pour Jean Raymond Policart, il ne s’agit ni d’obtenir une faveur ni de bénéficier d’un régime particulier.
« Nous ne demandons ni faveur ni privilège. Nous demandons simplement que les règles soient les mêmes pour tous. »
Le CEP sommé de faire la lumière
Cette contestation place désormais le Conseil électoral provisoire face à une question particulièrement sensible : quels mécanismes permettent de garantir que les 30 000 personnes présentées par une organisation politique ont effectivement consenti à cette affiliation ?
Les affirmations de Haïti Solidaire doivent encore être confrontées aux données détenues par le CEP. Mais le parti estime précisément qu’une vérification officielle est indispensable pour établir les faits.
Une vérification des doublons, des NINU et des affiliations contestées permettrait non seulement de déterminer la réalité des anomalies dénoncées, mais également de préciser les garanties mises en place pour empêcher qu’une identité soit utilisée sans le consentement de son titulaire.
À l’approche des prochaines échéances électorales, le sujet dépasse donc le simple différend entre un parti et l’institution électorale. Il touche à l’égalité de traitement des compétiteurs et, plus largement, à la crédibilité du processus.
« Le processus électoral appartient au peuple haïtien. Sa crédibilité doit être protégée par tous. »
Pour Haïti Solidaire, le CEP doit désormais faire toute la lumière : avant de valider 30 000 noms, encore faut-il s’assurer que derrière chacun d’eux se trouve un citoyen qui a réellement choisi son appartenance politique.