À quelques jours de la rentrée scolaire, le Syndicat des Employés Civils du Ministère de la Défense (SECIMID) remet sur la table les préoccupations sociales du personnel. Dans une correspondance adressée au ministre Mario Andresol, le syndicat réclame des réponses sur les avantages sociaux et la régularisation des arriérés de salaires de plusieurs employés nommés depuis avril 2024.

PORT-AU-PRINCE — À l’approche de la rentrée des classes, la question du pouvoir d’achat des employés civils du ministère de la Défense revient au premier plan. Dans une lettre datée du 1er septembre 2026, le Syndicat des Employés Civils du Ministère de la Défense (SECIMID) interpelle le ministre Mario Andresol sur plusieurs revendications sociales déjà présentées lors d’une rencontre tenue le 15 juillet. 

Le syndicat dit vouloir privilégier le dialogue social et la concertation avec l’administration. Mais, face à l’imminence de la rentrée scolaire, il estime nécessaire d’obtenir des réponses concrètes sur des dossiers qui touchent directement les conditions de vie des agents et de leurs familles.

La rentrée scolaire au cœur des préoccupations

Premier sujet de préoccupation : les avantages sociaux traditionnellement accordés aux employés à certaines périodes de l’année, notamment lors de la rentrée scolaire.

Dans sa correspondance, le SECIMID souligne qu’aucune information précise n’avait encore été communiquée aux employés sur les dispositions envisagées par l’administration. Une incertitude d’autant plus préoccupante, selon le syndicat, que les familles doivent supporter à cette période des dépenses importantes : frais de scolarité, fournitures, uniformes et transport. 

Pour le SECIMID, ces aides constituent ainsi bien davantage qu’un avantage ponctuel. Elles participent à l’accompagnement social des travailleurs dans une période où les dépenses familiales augmentent fortement.

Des avantages réduits ou supprimés

Le mécontentement ne concerne pas seulement la rentrée scolaire.

Le syndicat rappelle que, lors des fêtes de Pâques, les cartes prépayées accordées aux employés n’ont pas bénéficié du doublement habituellement pratiqué. Il affirme également qu’aucun avantage social n’a été accordé à l’occasion de la Fête des Mères.

Une succession de décisions qui alimente, selon le SECIMID, « une inquiétude croissante » chez les employés quant au maintien des mesures sociales dont ils bénéficiaient traditionnellement. 

L’organisation syndicale défend une conception plus large de ces prestations : elles font, selon elle, partie intégrante de la politique sociale de l’institution et constituent également une reconnaissance du travail fourni quotidiennement par les agents civils du ministère.

Dans ce contexte, le SECIMID estime « difficilement concevable » que la rentrée scolaire puisse s’achever sans qu’une mesure d’accompagnement soit prise en faveur du personnel. 

Le dossier sensible des 234 employés nommés depuis avril 2024

À cette question des avantages sociaux s’ajoute un dossier plus lourd : celui des arriérés de salaires.

Le SECIMID attire une nouvelle fois l’attention du ministre sur la situation des 234 employés nommés depuis avril 2024. Selon le syndicat, plusieurs d’entre eux demeurent dans l’attente du paiement de tout ou partie des salaires qui leur sont dus. 

Pour l’organisation, la question ne peut être considérée comme une simple difficulté administrative. Le salaire constitue la contrepartie du travail fourni et, pour les employés comme pour leurs familles, la principale ressource permettant de faire face aux obligations quotidiennes.

Le SECIMID avertit ainsi que tout retard prolongé dans le versement des rémunérations place nécessairement les agents concernés dans une situation économique et sociale difficile.

Le syndicat demande au ministère de dresser un état précis de la situation administrative et financière des employés concernés, d’identifier les dossiers encore en souffrance, de déterminer les montants restant dus et surtout d’établir un calendrier de régularisation. 

Le SECIMID réclame des réponses concrètes

Dans sa lettre, l’organisation syndicale formule plusieurs demandes : connaître les dispositions prévues pour les avantages sociaux de la rentrée scolaire, réexaminer les avantages réduits ou non accordés lors des précédentes périodes de fêtes, régulariser les arriérés de salaires des employés concernés parmi les 234 agents nommés depuis avril 2024 et informer officiellement le SECIMID des mesures administratives et financières qui seront prises.

Tout en maintenant la pression sur ces revendications, le syndicat prend soin de placer sa démarche sur le terrain du dialogue social plutôt que de l’affrontement avec l’administration.

Dans la dernière page de la correspondance, le SECIMID demande qu’une réponse concrète soit apportée « dans les meilleurs délais », avec l’objectif affiché de préserver un climat social serein et de renforcer la confiance entre l’administration et son personnel. 

Une rentrée sous pression sociale

Signée par Léonès Jean-Charles, président du SECIMID, la lettre laisse la porte ouverte à une rencontre de travail avec le ministère afin d’examiner les différents dossiers et de rechercher des solutions. 

À l’approche de la rentrée scolaire, l’interpellation du syndicat replace ainsi les conditions matérielles des employés civils au centre du débat. Derrière les avantages sociaux et les dossiers administratifs se pose une question plus fondamentale : celle de la capacité de l’administration à assurer aux travailleurs les prestations annoncées et le paiement des rémunérations qui leur sont dues.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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