Avec Jean Baptiste Larosilière, journaliste politique d’ » Alternance Média «
Réunis samedi à Pétion-Ville, des délégués de la Fusion des Sociaux-Démocrates haïtiens venus des vingt communes de l’Ouest ont participé au congrès départemental du parti. Entre insécurité, organisation territoriale et préparation électorale, la formation d’Edmonde Supplice Beauzile tente de montrer qu’elle conserve une base militante mobilisée.
Pétion-Ville, 19 septembre 2026 — Faire vivre un parti quand circuler dans une partie de la capitale et de ses environs est déjà devenu une épreuve. C’est aussi à cette réalité que la Fusion des Sociaux-Démocrates haïtiens a voulu répondre, samedi, en réunissant son congrès départemental de l’Ouest à l’hôtel Coin du Village, à Vivy Mitchell.
Des délégués représentant les vingt communes du département ont répondu à l’appel. Tous n’ont cependant pas pu rejoindre Pétion-Ville. Pour certains militants confrontés aux contraintes sécuritaires, le congrès s’est tenu à distance, par Zoom. Une organisation hybride devenue presque le reflet de la vie politique haïtienne : se réunir, mais composer avec un territoire fragmenté par l’insécurité.
À l’ouverture des travaux, Youzelande Robert Étienne, présidente du congrès, s’est longuement attardée sur ces absents présents derrière leurs écrans. Elle a surtout salué ceux qui ont réussi à effectuer le déplacement depuis des communes particulièrement exposées à la violence.
Puis vient le nom d’Edmonde Supplice Beauzile. La présidente de la Fusion, ancienne sénatrice, est remerciée pour avoir maintenu le parti en activité malgré les difficultés. Dans la salle, l’évocation de son nom déclenche une salve d’applaudissements.
Les 30 000 adhésions en ligne de mire
Au pupitre, Rosemond Pradel, secrétaire général de la formation et ancien ministre, revendique la capacité d’organisation de son parti. Selon lui, la Fusion demeure l’une des rares formations politiques haïtiennes capables de réunir ce type de congrès et de conserver des structures territoriales actives.
L’ancien ministre remercie également les militants mobilisés dans la collecte des 30 000 adhésions réclamées dans le cadre du processus électoral. Une bataille administrative devenue, ces dernières semaines, un enjeu politique pour les partis engagés dans le processus.
La Fusion entend désormais prolonger cette séquence au-delà de l’Ouest. Ses dirigeants annoncent des congrès dans les dix départements, autour des 14 coordinations du parti.
Privert dans la salle
Autre présence remarquée : celle de Jocelerme Privert. L’ancien président provisoire s’est inscrit comme candidat à la présidence sous la bannière du groupement Ayiti Transfòme.
Sa présence donne forcément au rendez-vous une dimension supplémentaire, à mesure que partis, regroupements et prétendants à la présidence multiplient les rencontres et cherchent à consolider leurs relais territoriaux.
À Pétion-Ville, la Fusion voulait d’abord afficher les siens : des cadres, des délégués, des militants et une organisation encore capable de convoquer ses structures.
Dans un pays où l’insécurité bouleverse jusqu’aux déplacements des militants, tenir un congrès devient déjà un acte d’organisation politique. Reste désormais à savoir ce que cette mobilisation territoriale pèsera dans la prochaine séquence électorale.