Présent à Kenscoff du 15 au 17 septembre, le directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, s’est porté au plus près des opérations menées contre les groupes armés. Selon une source au sein du haut commandement de la PNH contactée par Alternance Média, plusieurs membres de gangs ont été mortellement blessés au cours de cette période et des armes à feu ont été récupérées.

À Kenscoff, Vladimir Paraison a choisi le terrain. Pendant trois jours, du 15 au 17 septembre, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) s’est tenu aux côtés des policiers engagés dans les opérations contre les groupes armés qui menacent la commune.

Le patron de la PNH a rejoint sur place le commissaire principal Moriceau Jean Pierre Ketler, récemment placé à la tête de cette juridiction. Une mission particulièrement sensible après les violences meurtrières qui ont frappé Kenscoff : reprendre le contrôle des secteurs occupés, repousser les groupes armés et surtout empêcher un nouveau massacre.

Des membres de gangs tués et des armes récupérées

Selon des informations obtenues par Alternance Média auprès d’une source au sein du haut commandement de l’institution policière, les opérations menées entre le 15 et le 17 septembre ont fait plusieurs morts dans les rangs des groupes armés.

Des armes à feu ont également été récupérées par les forces de l’ordre au cours de ces interventions, selon la même source. Aucun bilan chiffré précis ni détail sur le type ou le nombre d’armes saisies n’a, pour l’heure, été communiqué à Alternance Média.

La présence du directeur général au cœur du dispositif vise aussi à soutenir des policiers soumis à une forte pression et à suivre directement l’évolution des opérations.

Un calme encore fragile

Sur place, plusieurs habitants contactés par Alternance Média décrivent les premiers signes d’un retour progressif à la vie quotidienne.

La commune reste profondément marquée par les dernières violences. Des familles enterrent encore leurs morts et pansent leurs blessures. Mais, dans certains secteurs, des jeunes recommencent à jouer au football et une partie de l’activité reprend.

Selon les témoignages recueillis, des groupes armés ont été délogés du centre-ville et de plusieurs quartiers. Les hommes de la coalition armée Viv Ansanm auraient, pour l’heure, été repoussés hors de ces secteurs.

Le défi est désormais de tenir le terrain. Car repousser les groupes armés ne signifie pas les avoir démantelés, et le risque d’une nouvelle offensive demeure.

Tenir les positions reconquises

La présence de Vladimir Paraison aux côtés de ses hommes constitue un signal envoyé à la fois aux policiers et à la population. Mais elle pose aussi la question des moyens dont dispose la PNH pour inscrire cette riposte dans la durée.

Après trois jours d’opérations, l’enjeu dépasse désormais Kenscoff : les autorités doivent permettre aux forces de l’ordre de conserver les positions reprises et de poursuivre leurs interventions.

Le gouvernement, notamment le Premier ministre et les ministères chargés de la Justice et des Finances, est attendu sur les moyens logistiques et financiers nécessaires à la poursuite des opérations.

Le directeur général de la PNH avait annoncé une riposte contre les groupes armés. À Kenscoff, il a choisi de la suivre directement sur le terrain. Mais après avoir repoussé les gangs, la véritable épreuve commence : les empêcher de revenir.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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