À l’occasion du 220ᵉ anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, le dirigeant de LAVI appelle au rassemblement national. L’ancien sénateur Lavalas des Nippes défend le rétablissement de l’autorité de l’État, la relance de la production et une mobilisation collective pour sortir de la crise.

Comment honorer Dessalines lorsque la sécurité des citoyens, la cohésion nationale et l’avenir de la jeunesse restent au centre des inquiétudes ? Dans son message du 17 octobre 2026, Nenel Cassy entend donner à la commémoration une portée politique. Pour le patron de la formation politique « LAVI » , le souvenir du fondateur de la nation engage les responsables publics comme les citoyens : il impose de répondre aux épreuves du présent.

Signée à Miragoâne le 16 octobre, cette note appelle à retrouver l’esprit de rassemblement qui a permis l’indépendance. Elle dénonce les divisions, les rivalités et la primauté des intérêts particuliers, présentées comme autant d’obstacles à la reconstruction nationale.

Ancien sénateur Lavalas des Nippes et ancien questeur de la Chambre haute, économiste de formation et ancien douanier, le dirigeant de LAVI avait déjà porté, dans plusieurs régions du pays, un appel à l’unité du camp progressiste et populaire. Son message commémoratif prolonge cette démarche en adressant une invitation plus large aux différentes composantes de la société, autour de la justice, de la solidarité et de la souveraineté.

Rétablir l’autorité de l’État

La sécurité occupe une place centrale dans cette déclaration. LAVI réclame la protection de la population et le rétablissement de l’autorité publique dans les zones affectées par la violence. La formation insiste également sur l’accompagnement des personnes déplacées, dont le retour dans leurs communautés doit être volontaire, sûr et digne.

Cette exigence se prolonge sur le terrain judiciaire. Le document défend l’accès des victimes à la justice et, lorsque les circonstances le justifient, à des réparations dans le respect des procédures légales. Dans cette perspective, la reconstruction de la confiance suppose des institutions capables de protéger les citoyens et de faire respecter leurs droits.

L’ancien parlementaire plaide parallèlement pour des élections libres, honnêtes, inclusives et démocratiques, organisées dans un climat de sécurité et de confiance. Le texte ne fixe toutefois aucune échéance et ne détaille pas les mécanismes permettant de réunir ces conditions.

Une souveraineté fondée sur la production

Sur le terrain économique, l’économiste de formation souligne les limites d’une réponse reposant principalement sur les ressources extérieures. Sans contester l’utilité de l’assistance internationale, il appelle à mobiliser davantage les compétences du pays, à soutenir l’investissement et à développer la production nationale.

Agriculture, industrie, entrepreneuriat et travail sont présentés comme les leviers d’un redressement durable. La souveraineté prend ici une dimension concrète : elle suppose de renforcer la capacité d’Haïti à répondre aux besoins de sa population et à créer des emplois.

Cette ambition s’accompagne d’une exigence de gouvernance. La formation de gauche réclame une gestion transparente des ressources publiques et demande aux responsables de placer l’intérêt général au-dessus des calculs politiques.

Donner des perspectives à la jeunesse

L’éducation et la formation constituent un autre axe du document. Le responsable politique appelle à préparer les jeunes aux transformations technologiques, notamment au développement de l’intelligence artificielle. L’accès aux outils numériques, la recherche et l’innovation doivent, selon lui, contribuer à moderniser les services publics, à soutenir les entreprises et à améliorer l’agriculture.

Nenel Cassy lors d’une conférence de presse le mardi 13 octobre 2026 à l’hôtel Kinam

Ces investissements doivent s’accompagner de perspectives d’emploi et d’une participation effective des jeunes à la vie publique. La note met ainsi en garde contre les conséquences de la précarité et de l’absence d’horizon pour une génération appelée à porter l’avenir du pays.

Élargir le rassemblement

Au-delà de l’unité du camp progressiste et populaire précédemment défendue dans ses déplacements en région, le patron de « LAVI » sollicite cette fois les institutions de l’État, les responsables politiques, le secteur privé, les organisations populaires, les universitaires, les travailleurs et la diaspora.

L’appel reste général et ne s’accompagne pas d’un programme opérationnel détaillé. Il pose néanmoins une exigence politique : faire du rassemblement un moyen d’action, avec des engagements concrets, une gestion responsable et des résultats pour la population. Dans ce message du 17 octobre, la fidélité revendiquée à Dessalines se mesure ainsi à la capacité de reconstruire un pays libre, uni et souverain.

Alternance Média — Service politique

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