Dans une circulaire datée du 7 octobre 2026, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle rappelle les qualifications académiques requises pour diriger les établissements d’enseignement supérieur. Les institutions concernées disposent de 90 jours pour transmettre les dossiers actualisés de leurs responsables, sous peine de mesures correctives.
Les qualifications des dirigeants universitaires reviennent au centre des exigences du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). À travers la circulaire référencée C-11-14, l’institution rappelle aux établissements d’enseignement supérieur, publics comme privés, les conditions académiques auxquelles doivent répondre les membres de leurs équipes dirigeantes.
Selon le document transmis, cette démarche s’inscrit dans la politique nationale d’assainissement, de modernisation et de régulation de l’enseignement supérieur. Elle entend renforcer le lien entre les qualifications des responsables, la gouvernance des établissements et la reconnaissance des diplômes délivrés aux étudiants.
Un doctorat pour les recteurs et les vice-recteurs
S’appuyant sur le décret du 30 juin 2020 portant organisation, fonctionnement et modernisation de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministère rappelle que les recteurs et les vice-recteurs doivent être titulaires d’un doctorat délivré par une institution dûment reconnue, en Haïti ou à l’étranger.
Les doyens et les secrétaires généraux doivent, pour leur part, détenir un diplôme de master et être doctorants. Ces exigences concernent l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur opérant sur le territoire national.
Le MENFP présente ainsi la qualification académique comme une condition d’exercice des principales fonctions de direction, et non comme une simple référence destinée à valoriser le parcours des responsables.
L’ANESRS chargée de vérifier les dossiers
Le contrôle de cette conformité revient à l’Agence nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANESRS). Celle-ci est appelée à auditer les dossiers administratifs des membres de direction des établissements répertoriés, notamment ceux des recteurs, vice-recteurs et doyens.
L’agence doit également consolider le registre national des dirigeants d’universités et des enseignants-chercheurs qualifiés. La conformité académique des équipes dirigeantes doit désormais conditionner les procédures d’accréditation, de renouvellement des autorisations de fonctionnement et d’homologation des diplômes, selon les dispositions rappelées dans le document.
Pour les établissements, l’enjeu dépasse donc la seule actualisation de leurs archives : il touche aux conditions de leur fonctionnement et à la reconnaissance des titres qu’ils délivrent.
Un délai de 90 jours et des mesures correctives
Les institutions concernées disposent d’un délai impératif de 90 jours, à compter de la publication de la circulaire, pour transmettre à l’ANESRS les dossiers administratifs et académiques actualisés de leurs dirigeants.
À l’expiration de ce délai, les établissements non conformes s’exposent, selon le MENFP, aux mesures correctives prévues par la loi. Le document mentionne notamment la suspension de leur autorisation de fonctionnement, ainsi que le refus de visa, d’homologation ou de reconnaissance des diplômes délivrés sous la signature de dirigeants ne remplissant pas les conditions légales.
Ce rappel intervient alors que le ministère fait de la qualité, de la gouvernance et de la crédibilité des établissements un enjeu majeur pour le système universitaire haïtien. Reste à voir comment les contrôles seront conduits et quelles suites seront données aux dossiers non conformes.
Pour les étudiants et leurs familles, l’application de ces exigences doit surtout apporter une garantie essentielle : celle de poursuivre une formation dans un établissement dont les responsables répondent aux qualifications requises et dont les diplômes bénéficient d’une reconnaissance institutionnelle.
Alternance Média — Service Éducation