Bruxelles – L’Union européenne a décidé de prolonger jusqu’au 29 juillet 2027 son régime de sanctions contre neuf personnalités haïtiennes et une organisation criminelle, parmi lesquelles figurent l’ancien président Michel Martelly, les anciens sénateurs Youri Latortue et Rony Célestin, mais aussi les chefs de gangs Jimmy « Barbecue » Chérizier, Vitel’Homme Innocent, Ti Gabriel Jean-Pierre, Luckson Elan, Izo 5 Secondes (Johnson André) et Kempès Sanon, ainsi que le gang 5 Segond.
Le Conseil de l’Union européenne estime que ces personnes et cette organisation sont impliquées dans des actes menaçant la paix, la stabilité, la sécurité, la démocratie et l’État de droit en Haïti. Les mesures restrictives, initialement adoptées en 2022, resteront en vigueur jusqu’au 29 juillet 2027.
Une crise qui continue de préoccuper Bruxelles
Cette décision, approuvée par les États membres de l’Union européenne à l’issue du réexamen annuel du régime de sanctions, intervient alors qu’Haïti demeure confrontée à une crise multidimensionnelle marquée par la montée en puissance des groupes armés, l’effondrement des institutions publiques, une profonde récession économique et une instabilité politique persistante depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.
Pour Bruxelles, la violence des gangs continue de déstabiliser le pays et représente une menace pour l’ensemble de la région.
Michel Martelly, Youri Latortue et Rony Célestin toujours visés
Parmi les personnalités maintenues sur la liste figurent Michel Martelly, ancien président de la République et fondateur du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Youri Latortue, ancien président du Sénat, allié politique du PHTK et ancien conseiller du président Michel Martelly, ainsi que Rony Célestin, ancien sénateur considéré comme un proche du PHTK.
Ces trois responsables politiques sont aujourd’hui membres ou alliés de la coalition soutenant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Les sanctions européennes prévoient un gel des avoirs, l’interdiction de mettre des fonds ou des ressources économiques à leur disposition ainsi qu’une interdiction d’entrée ou de transit sur le territoire de l’Union européenne.
Un dispositif renforcé depuis 2023
Le régime de sanctions de l’Union européenne avait été instauré en novembre 2022 afin d’appliquer les mesures adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il a ensuite été renforcé en juillet 2023, permettant à Bruxelles d’adopter ses propres sanctions de manière autonome.
En parallèle, l’Union européenne affirme poursuivre son soutien à Haïti à travers des programmes de coopération économique, d’assistance humanitaire, d’appui à l’éducation, à la sécurité alimentaire, à la gestion des catastrophes naturelles ainsi qu’au renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH).
En renouvelant ces sanctions pour une année supplémentaire, Bruxelles entend maintenir la pression sur les acteurs qu’elle considère comme responsables de l’aggravation de la crise sécuritaire et politique qui frappe Haïti.