PORT-AU-PRINCE. — Le mouvement politique Haïti Solidaire monte au créneau contre le décret électoral actuellement en discussion dans le pays. Dans une prise de position officielle diffusée cette semaine, l’organisation dénonce particulièrement l’article 139 du texte, qu’elle considère comme incompatible avec les principes démocratiques et la réalité sociale d’Haïti.

Pour le parti Social Démocrate , le décret électoral, dans sa forme actuelle, risque d’exclure une part importante du peuple haïtien du processus électoral, notamment les citoyens vivant à l’étranger.

Selon Haïti Solidaire, près de six millions d’Haïtiens disposent aujourd’hui d’une carte électorale délivrée par l’Office national d’identification (ONI). Or, une proportion considérable de ces citoyens réside désormais hors du territoire national, principalement au Chili, au Brésil, au Mexique, au Canada, aux États-Unis, en France, en Argentine, en République dominicaine et dans plusieurs territoires des Antilles.

Le mouvement de gauche estime que cette réalité migratoire ne peut être ignorée dans l’organisation des prochaines élections. « Une grande partie des électeurs est absente du territoire », souligne le document publié par l’organisation, qui évoque une participation électorale « fortement limitée » ainsi qu’une « représentativité nationale compromise ».

Dans son argumentaire, Haïti Solidaire affirme que l’article 139 ne garantit pas des élections inclusives et ne respecte pas pleinement les principes démocratiques. Le texte mettrait également en péril la légitimité du futur scrutin.

Cette sortie intervient dans un climat politique particulièrement tendu, alors qu’Haïti continue de faire face à une grave crise sécuritaire et institutionnelle.

Le parti dirigé par Serge Pierre Louis affirme par ailleurs que le gouvernement, réuni en Conseil des ministres, aurait rejeté le décret électoral, reconnaissant son inadéquation avec la situation actuelle du pays.

Au-delà de la critique, Haïti Solidaire formule plusieurs revendications. L’organisation réclame d’abord une réforme électorale inclusive permettant à toutes les composantes de la nation haïtienne de participer au processus démocratique. Elle exige également « l’intégration réelle de la diaspora » dans les futures élections, tout en appelant à l’établissement de conditions sécuritaires crédibles avant toute consultation populaire.

À travers cette prise de position, Haïti Solidaire replace au centre du débat national la question de la représentativité démocratique dans un pays marqué par l’exil massif de sa population et la fragilité persistante de ses institutions.

Dans un contexte où des millions d’Haïtiens vivent désormais hors du territoire national, la participation de la diaspora apparaît plus que jamais comme l’un des grands enjeux des prochaines échéances électorales.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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