Fondé à Delmas 33 par de jeunes professionnels de santé, l’établissement s’impose progressivement comme un centre de référence communautaire, avec l’ambition d’étendre ses services au-delà de la capitale.
DELMAS, Haïti — Dans un contexte national marqué par l’insécurité grandissante, les attaques contre les structures hospitalières et l’exode de nombreux professionnels de santé, l’Hôpital Le Rocher a célébré, ce mardi 5 mai 2026, sa première année d’existence avec un mélange de fierté, de résilience et d’espoir.
Fondé le 5 mai 2025 à Delmas 33 par un groupe de jeunes professionnels de la santé, l’établissement s’est progressivement imposé comme un point de référence médicale pour les habitants de la zone, malgré un environnement particulièrement fragile sur le plan sécuritaire.
Un an après son ouverture, médecins, infirmières, membres du personnel administratif et responsables de l’institution ont salué le chemin parcouru. Lors d’une visite effectuée par notre rédaction, plusieurs services étaient pleinement opérationnels, illustrant la volonté du personnel de maintenir l’accès aux soins dans une capitale confrontée à une crise multidimensionnelle. Dans le quartier, plusieurs riverains reconnaissent l’impact positif de l’hôpital au sein de la communauté, notamment en matière d’accès rapide aux soins de proximité.
Le docteur Gabrielle, cofondateur de l’établissement, a présenté les principaux services actuellement disponibles : médecine interne, urologie, ORL, gynécologie-obstétrique, laboratoire, pharmacie, soins infirmiers ainsi qu’un service d’urgence accessible 24 heures sur 24. Selon lui, le taux de satisfaction des patients se situe aujourd’hui « entre 90 et 95 % ». Il affirme que la mission de l’institution reste avant tout humaine et communautaire. « Ici, nous appliquons la formule : la vie avant tout, les soins avant l’argent », a-t-il déclaré au micro d’Alternance Média.
Au-delà du bilan de cette première année, les responsables de l’Hôpital Le Rocher affichent des ambitions plus larges. Leur objectif à long terme est de bâtir un véritable réseau hospitalier capable d’étendre ses services dans plusieurs régions du pays. « J’aimerais qu’un jour on parle de l’Hôpital Le Rocher des Gonaïves, de Gros-Morne ou encore de Port-de-Paix », a confié le cofondateur, convaincu que l’accès à des soins de qualité ne doit pas être limité à la région métropolitaine.
Dans un pays où le système sanitaire reste fortement éprouvé par la crise, l’expérience de l’Hôpital Le Rocher apparaît, pour plusieurs observateurs, comme un symbole de résistance et d’engagement en faveur du droit à la santé.