Plusieurs centaines de militants, responsables politiques, anciens élus, étudiants et intellectuels se sont réunis mardi 25 août au Ritz Kinam, à Pétion-Ville, à l’appel de l’Initiative du 14 Août pour sauver le secteur populaire et progressiste (ISSEP-14). Objectif : dépasser les divisions et tenter de faire émerger une candidature commune à la présidentielle.
À l’approche des prochaines élections, une partie du secteur populaire et progressiste tente de resserrer ses rangs. Mardi 25 août, plusieurs centaines de personnes ont participé au lancement de l’ISSEP-14 à Pétion-Ville, avec une ambition clairement affichée : parvenir à un candidat unique à la présidence.
Après l’hymne national, une minute de recueillement a été observée en mémoire des victimes de la violence, notamment celles de Kenscoff. Les organisateurs ont ensuite exposé leur démarche : mettre fin à la dispersion d’une famille politique qui, selon eux, a souvent payé électoralement ses divisions.
« Nous devons comprendre la pertinence de cette initiative pour le secteur populaire et pour le pays », a déclaré James Romain, coordonnateur de la commission.
1990 comme référence
L’ISSEP-14 revendique comme référence le rassemblement des forces populaires, démocratiques et progressistes qui avait contribué à la victoire de Jean-Bertrand Aristide le 16 décembre 1990.
Mackenson Jean-Baptiste, normalien et juriste, a appelé le secteur à tirer les leçons de ses échecs. « L’ennemi se réjouit lorsque nous sommes divisés », a-t-il lancé.
Me Jean Ronel Sistanis a, lui, directement interpellé les éventuels prétendants à la présidence : « Il ne faut pas diviser les votes populaires. » Il les invite à mesurer leur poids politique et à privilégier une solution collective.
L’ancien ministre Gérald Germain a complété les interventions par une lecture historique des luttes, des divisions et des perspectives du secteur populaire et progressiste.
Plusieurs prétendants représentés
Si les principaux candidats potentiels n’étaient pas tous présents, plusieurs de leurs courants ou représentants ont participé à la rencontre. Des proches ou représentants de Jacky Lumarque, Jude Célestin, Jocelerme Privert, Moïse Jean-Charles et Maryse Narcisse ont notamment été remarqués dans la salle.
Me André Michel et l’ancien sénateur Nenel Cassy étaient également présents.
André Michel s’est déclaré favorable à une alliance permettant notamment de faire obstacle à un retour de Michel Martelly au pouvoir, tout en estimant que les conditions sécuritaires actuelles ne permettent pas encore l’organisation normale d’élections.
Nenel Cassy estime pour sa part que le secteur doit se préparer malgré l’incertitude : « Tôt ou tard, il y aura des élections, et le secteur doit être prêt à les gagner. »
Maintenant, le choix
La seconde partie de la rencontre a été consacrée à sept ateliers autour d’une même question : comment parvenir à identifier et soutenir un candidat unique ?
Une synthèse des propositions doit être élaborée, tandis que l’ISSEP-14 annonce la poursuite des consultations avec plusieurs personnalités susceptibles de briguer la présidence.
La rencontre de Pétion-Ville marque donc une première étape. Mais réunir les différentes sensibilités était sans doute la partie la plus simple.
Le véritable défi commence désormais : définir les règles du choix et convaincre plusieurs prétendants de s’effacer au profit d’un seul.
L’ISSEP-14 a réussi à réunir. Il lui reste à transformer cette volonté d’unité en candidature commune.