En parallèle à la formation prochaine de 650 aspirants militaires, l’armée haïtienne ouvre une nouvelle campagne nationale de recrutement et mise sur des profils alliant aptitude militaire et engagement citoyen.
Dans un pays où la reconquête territoriale et le rétablissement de l’autorité publique sont devenus des priorités nationales, les Forces armées d’Haïti (FAd’H) amorcent une nouvelle phase de montée en puissance. Après avoir déjà sélectionné 650 aspirants militaires en attente de formation, l’institution militaire annonce le lancement imminent d’un vaste recrutement destiné à intégrer 1 000 nouveaux officiers, sous-officiers et soldats
Le recrutement sera déployé simultanément dans les dix départements du pays afin de réduire les barrières géographiques et faciliter l’accès aux candidats. À Port-au-Prince comme dans les villes de province, les inscriptions devraient être ouvertes dans les prochains jours.
Selon les autorités militaires, la base de Vertières dispose désormais d’une capacité d’accueil suffisante pour recevoir une cohorte pouvant atteindre un millier de recrues. Toutefois, des travaux d’ajustement sur les infrastructures d’hébergement expliquent le retard observé dans le démarrage de la formation des 650 aspirants déjà retenus.
Mais au-delà du volume du recrutement, c’est surtout l’évolution des critères de sélection qui marque une rupture.
Le ministère de la Défense affirme vouloir privilégier un profil militaire associant aptitude physique et engagement citoyen. Désormais, des éléments liés au parcours social des candidats entreront dans l’évaluation : participation à des initiatives communautaires, engagement environnemental, activités de solidarité, implication dans des mouvements de jeunesse, actions civiques ou encore participation à des programmes de soutien aux populations vulnérables.
L’administration présente cette orientation comme une tentative de promouvoir une conception du service militaire fondée sur le civisme, le patriotisme et la responsabilité collective.
Une preuve institutionnelle ou sociale devra être fournie pour attester de ces engagements.
En parallèle, un recrutement spécifique est également annoncé pour l’Académie militaire ainsi que pour l’intégration de cadres professionnels au sein des FAd’H.
Cette montée en effectif intervient alors que les autorités cherchent à consolider leur présence dans des zones récemment reprises aux groupes armés. Selon des informations rapportées au ministère de la Défense, 200 militaires auraient déjà été déployés en appui aux forces de police afin de prévenir toute réoccupation des territoires récupérés.
Les responsables militaires indiquent également attendre la livraison de nouveaux équipements destinés à améliorer les capacités opérationnelles de l’institution.
Au-delà des chiffres, cette campagne de recrutement ouvre une question plus large : celle de la place que l’État entend redonner à l’armée dans la stratégie de sécurité nationale, dans un contexte où la demande de restauration de l’ordre public demeure au cœur des attentes de la population haïtienne.