Dans un communiqué publié le 7 mai 2026, l’organisation féministe « Platfòm Fanm Angaje pou Ayiti » condamne le remplacement de la directrice générale du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes par un homme. La plateforme y voit un recul symbolique et politique pour la représentation des femmes dans les sphères décisionnelles de l’État haïtien.

L’organisation féministe « Platfòm Fanm Angaje pou Ayiti » a vivement réagi à la décision ayant conduit au remplacement de la directrice générale du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) par un homme. Dans un communiqué publié le 7 mai 2026, la plateforme dénonce une décision qu’elle considère comme un signal préoccupant pour la représentation des femmes au sein des institutions publiques haïtiennes.

Signé par Majorie Milord et Lamercie Charles Pierre, le texte critique notamment le rôle attribué à la ministre Pedrica Saint-Jean dans ce changement à la tête de la direction générale du ministère. Selon l’organisation, le fait de remplacer une femme par un homme dans une institution chargée de défendre les droits des femmes constitue une contradiction majeure avec les principes d’égalité et d’inclusion que l’État haïtien affirme promouvoir.

La plateforme rappelle que l’article 17-2 de la Constitution amendée prévoit un quota d’au moins 30 % de femmes dans les fonctions publiques nationales. Elle souligne également qu’Haïti est signataire de plusieurs conventions internationales relatives aux droits des femmes et à leur participation dans les espaces de décision.

Pour « Platfòm Fanm Angaje pou Ayiti », cette décision illustre surtout la fragilité des avancées réalisées en matière de représentation féminine dans l’administration publique. L’organisation indique que sur les 18 ministères du pays, seules trois femmes occupent actuellement des postes de directrices générales.

« Remplacer une femme par un homme à un poste stratégique du MCFDF envoie un message inquiétant », estime la plateforme, qui appelle les autorités à adopter des politiques plus cohérentes en faveur du leadership féminin.

Dans son communiqué, l’organisation insiste également sur la nécessité de protéger les cadres féminins au sein des institutions publiques et de garantir davantage de transparence dans les nominations administratives. Elle plaide pour que les critères de compétence, de mérite et d’équité soient davantage pris en compte dans la gestion de l’État.

Au-delà du cas du MCFDF, cette prise de position remet au centre du débat la question de la place des femmes dans la gouvernance haïtienne. Dans un contexte de crise politique et institutionnelle persistante, plusieurs organisations féministes estiment que les engagements en faveur de l’égalité de genre demeurent encore largement insuffisants dans les pratiques de l’administration publique.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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