Le message n’a jamais été aussi clair. Sans choisir à la place des Haïtiens, Washington et Ottawa viennent de tracer une ligne rouge : les personnalités éclaboussées par des sanctions pour corruption, trafic de stupéfiants, trafic d’armes, blanchiment d’argent ou financement des gangs ne sont plus perçues comme des candidats crédibles à la magistrature suprême.

Interrogé par Le Nouvelliste, le chargé d’affaires américain Henry T. Wooster a rappelé que la décision finale appartient aux autorités et aux électeurs haïtiens. Mais il a également admis que les États-Unis ne souhaiteraient pas voir des personnes sanctionnées participer aux prochaines élections.

Si Washington conserve les formes diplomatiques en distinguant sanctions et condamnations judiciaires, Ottawa se montre beaucoup moins nuancé. L’ambassadeur canadien François Giroux affirme que les 34 personnalités sanctionnées par son pays ne pourront pas prendre part aux prochaines compétitions électorales. Plus encore, il entend travailler avec l’Union européenne afin d’élargir le front international contre les individus déjà visés par les sanctions canadiennes.

Pour plusieurs figures de la classe politique haïtienne, le signal est lourd de conséquences. La route menant au Palais national semble désormais semée d’obstacles diplomatiques et politiques difficilement contournables.

Pendant des décennies, l’impunité a souvent servi de passeport vers le pouvoir. Cette fois, les sanctions pourraient bien devenir le visa refusé à l’entrée du Palais national.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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