EXCLUSIF – La Police nationale d’Haïti (PNH) traverserait l’une des crises financières les plus préoccupantes de ces dernières années. Selon des informations obtenues par Alternance Média auprès d’une source interne jugée fiable, le manque de ressources aurait conduit à l’arrêt total des opérations contre les groupes armés dans plusieurs zones du pays.
Toujours selon cette source, depuis plusieurs jours, les offensives qui étaient menées contre les gangs sont totalement interrompues. En cause : l’absence de financement nécessaire pour soutenir les opérations et assurer leur continuité sur le terrain.
La même source affirme que plusieurs policiers n’ont toujours pas perçu certaines rémunérations, notamment leurs primes de risque. Cette situation aurait considérablement affecté le moral des troupes. Les agents, confrontés quotidiennement à une insécurité grandissante, seraient aujourd’hui profondément découragés et, pour beaucoup, « au bord de la rupture ».
Ces révélations interviennent alors que le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, continue d’affirmer que le rétablissement de la sécurité constitue la priorité de son gouvernement.
Selon la source d’Alternance Média, cette situation contraste avec les importantes sommes mobilisées au cours des derniers mois pour la lutte contre l’insécurité. Elle soutient que plusieurs centaines de millions de dollars américains ont été débloqués au profit de forces étrangères, sans que les résultats attendus soient visibles sur le terrain. Elle affirme également que le chef du gouvernement a signé des contrats avec une société militaire privée pour un montant avoisinant le demi-milliard de dollars américains.
Si ces informations se confirment, elles soulèveraient de sérieuses interrogations sur la gestion des ressources consacrées à la sécurité nationale, alors que les policiers haïtiens, en première ligne face aux groupes armés, dénoncent depuis plusieurs mois le manque de moyens opérationnels et de soutien financier.
Alternance Média poursuit ses vérifications et sollicitera les réactions de la Primature ainsi que de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti afin de recueillir leur version des faits.