Il a choisi de répondre par un communiqué plutôt que par le silence. Depuis Montréal, où il se trouve actuellement, le journaliste senior Jean-Monard Métellus affirme avoir découvert dans les médias qu’un juge de la Cour d’appel lui avait adressé des invitations à comparaître et qu’un mandat d’amener avait été décerné contre lui. Une information qu’il dit n’avoir jamais reçue officiellement.

Le journaliste ne conteste pas l’autorité de la justice. Il ne dénonce pas non plus une persécution. Son message est plus nuancé : il se dit prêt à répondre aux convocations, mais refuse de le faire au mépris des garanties que tout justiciable est en droit d’attendre.

« Je ne me soustrais pas à la justice », martèle-t-il en substance. À travers ses avocats, Jean-Monard Métellus affirme avoir déjà sollicité un sursis auprès du magistrat chargé du dossier. Il explique que son état de santé ne lui permettait pas de rentrer immédiatement en Haïti et assure être toujours dans l’attente d’une réponse. Son objectif, écrit-il, est de pouvoir comparaître dans un cadre « légal et ordonné ».

Mais derrière les questions de procédure apparaît une autre réalité : celle de la sécurité. Dans son communiqué, le journaliste demande explicitement que les autorités lui garantissent une protection avant toute comparution. Une exigence qui en dit long sur le climat dans lequel évoluent aujourd’hui les acteurs de la vie publique haïtienne.

Jean-Monard Métellus insiste également sur la nature de son implication dans cette affaire. Il affirme que ses interventions relevaient exclusivement de son métier de journaliste et qu’il n’a jamais entretenu de relations avec les personnes citées dans le dossier en dehors de l’exercice de sa profession. Il estime, dès lors, que sa connaissance des faits reste limitée, tout en se disant disposé à transmettre à la justice tous les éléments qu’il serait légalement en mesure de fournir.

Au-delà de sa situation personnelle, le communiqué pose une question plus large : comment concilier l’exigence de justice avec la protection des droits fondamentaux dans un pays où l’insécurité pèse jusque sur le fonctionnement des institutions ?

Le journaliste conclut en appelant au respect de la dignité humaine, de la liberté de la presse et des principes de l’État de droit. Il remercie également ceux qui lui ont témoigné leur soutien et invite les médias comme l’opinion publique à s’en tenir aux faits plutôt qu’aux spéculations.

L’affaire entre désormais dans une nouvelle phase. Celle où les réponses de la justice seront, elles aussi, observées de près.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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