Une délégation du Groupe des personnalités éminentes (GPE) de la CARICOM est attendue à Port-au-Prince du 2 au 9 septembre 2026. Pendant une semaine, elle devrait multiplier les consultations avec les acteurs politiques et la société civile. Au centre des échanges : l’avenir de la transition, le processus électoral et les interrogations sur la neutralité du pouvoir.

PORT-AU-PRINCE — La CARICOM revient au chevet de la crise politique haïtienne. Selon des informations rapportées ce mardi 1er septembre par la journaliste Lunie Joseph, une délégation du Groupe des personnalités éminentes (GPE) doit séjourner à Port-au-Prince du 2 au 9 septembre 2026 pour une nouvelle série de consultations.

La mission intervient à un moment particulièrement sensible. À quelques mois des échéances électorales annoncées, les désaccords persistent sur les conditions d’organisation du scrutin, tandis que l’avenir de la transition continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique.

Une semaine de consultations

Durant son séjour, la délégation de la CARICOM devrait rencontrer les 17 plateformes politiques constituées dans le cadre du processus électoral, ainsi que plusieurs partis et représentants de la société civile.

Parmi les formations citées figurent notamment Pitit Dessalines, Fanmi Lavalas, EDE, le Mouvement SDP et ses alliés, des interlocuteurs avec lesquels la CARICOM a déjà entretenu des discussions.

Trois grands dossiers devraient dominer les échanges : la situation politique, l’avenir de la transition et la préparation des élections.

La neutralité de l’exécutif en question

Un autre sujet sensible devrait s’inviter à la table des discussions : la plateforme politique VIKTWA, associée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Cette proximité suscite des critiques chez plusieurs acteurs politiques et de la société civile, qui s’interrogent sur la neutralité du chef du gouvernement dans un processus électoral où l’État doit garantir des conditions équitables à l’ensemble des compétiteurs.

La question pourrait prendre une place importante dans les échanges avec les émissaires de l’organisation régionale.

Vers un nouvel exécutif ?

Selon les informations rapportées par Lunie Joseph, certains acteurs pourraient également profiter de cette mission pour défendre une proposition plus profonde : la mise en place d’un exécutif bicéphale chargé de conduire la transition jusqu’à son terme.

La CARICOM arrive donc dans un paysage politique où les débats dépassent désormais le seul calendrier électoral. La gouvernance de la transition, la neutralité de l’exécutif et la crédibilité des prochaines élections sont désormais étroitement liées.

Pendant une semaine, les représentants de l’organisation régionale devraient entendre les différentes parties. Reste à savoir si cette nouvelle médiation permettra de rapprocher les positions, alors que les tensions politiques s’accentuent à l’approche des élections.

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