Après deux rencontres avec le gouvernement et le Conseil électoral provisoire, le « Forum des 9 » alerte sur les risques d’exclusion, les difficultés d’inscription et les conditions d’équité entre candidats. Les groupements agréés demandent notamment un réexamen juridique du décret électoral et une révision du calendrier, alors que le processus entre dans une phase décisive.

Le processus électoral haïtien fait face à de nouvelles contestations. Neuf groupements politiques agréés par le Conseil électoral provisoire (CEP), réunis au sein du « Forum des 9 », demandent des « correctifs » afin, selon eux, de garantir la crédibilité et l’inclusivité des prochaines élections.

Dans un communiqué publié jeudi 27 août, les organisations DELIVRANS, SOL AYITI, MYÈL, PLATFÒM REKONSILYE, DEBOUT CITOYEN, DEBOUT PATRIOTES, ANFOS POU SOVE LONÈ, COPPOS-HAITI et alliés et GRAND font état de deux rencontres organisées les 24 et 26 août, respectivement avec l’exécutif et le CEP.

Des réserves portées devant le premier ministre

La première réunion s’est tenue le 24 août à la Villa d’Accueil, en présence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de son chef de cabinet, Axène Joseph.

Les représentants des neuf groupements y ont notamment soulevé leurs réserves concernant certaines dispositions du décret électoral, les difficultés rencontrées dans les inscriptions et ce qu’ils considèrent comme des risques d’exclusion.

Ils ont également évoqué les inégalités de chances, notamment pour les jeunes, les difficultés technologiques, le dysfonctionnement du site Internet du CEP, les documents exigés des candidats ainsi que le nombre important de candidatures à traiter dans des délais jugés trop courts. La question de la mobilité des groupes armés et celle d’une éventuelle influence politique du gouvernement sur le processus ont également été abordées.

Face à ces préoccupations, le « Forum des 9 » réclame deux mesures principales : une analyse juridique devant conduire à une révision du décret électoral et un réexamen du calendrier des élections. Les groupements doivent transmettre à l’exécutif un mémoire détaillant les articles qu’ils considèrent comme problématiques.

Le CEP interpellé sur son indépendance

Deux jours plus tard, mercredi 26 août, les représentants des neuf groupements ont rencontré les responsables du CEP à Pétion-Ville.

Cette seconde réunion a porté sur dix préoccupations, parmi lesquelles la transparence du processus, la neutralité de l’État, l’indépendance du Conseil électoral, la participation des nouveaux électeurs ou encore le risque d’exclusion de candidats considérés comme qualifiés par les organisations.

Le Forum demande également qu’une attention particulière soit portée à l’utilisation éventuelle de ressources publiques à des fins politiques. Il plaide parallèlement pour un dialogue permanent entre les responsables électoraux et les acteurs politiques afin de prévenir ce qu’il décrit comme un risque de « crise de légitimité ».

Un second mémoire doit désormais être transmis au CEP.

La recherche d’un compromis avant la poursuite du processus

Au-delà des revendications particulières, les deux réunions témoignent des tensions qui entourent l’organisation des prochaines élections. Dans leur communiqué, les neuf groupements dressent eux-mêmes un tableau des difficultés qu’ils estiment politiques, financières, organisationnelles, techniques, sécuritaires et institutionnelles.

Ils plaident désormais pour une coordination renforcée entre trois pôles : le gouvernement, le Conseil électoral provisoire et les formations politiques.

Le « Forum des 9 » affirme ainsi vouloir soumettre à l’exécutif et au CEP un mémoire destiné à rechercher une issue aux désaccords actuels.

Cette démarche place désormais le décret et le calendrier électoraux au cœur des discussions. La réponse qui sera apportée aux demandes des neuf groupements sera particulièrement observée : au-delà des ajustements techniques réclamés, c’est la capacité des institutions et des acteurs politiques à construire un minimum de confiance autour des règles du scrutin qui est en jeu.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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