Le regroupement politique MYÈL a atteint le seuil des 30 000 membres exigé dans le cadre du processus électoral. Une étape importante qui lui permet désormais d’avancer vers l’inscription de ses candidats, avec Jacky Lumarque comme candidat à la présidence. Mais alors que le calendrier électoral prévoit un premier tour en décembre, une question demeure : les conditions seront-elles réunies pour organiser effectivement les élections en 2026 ?

La machine électorale continue d’avancer. Du moins sur le plan administratif. Le regroupement politique MYÈL vient de franchir le cap des 30 000 membres, une étape déterminante pour poursuivre son parcours dans le processus électoral.

Sur la plateforme d’enregistrement du Conseil électoral provisoire (CEP), le message affiché est sans ambiguïté : « Le Groupement Politique a atteint les 30 000 membres et peut désormais inscrire ses candidats/candidates aux élections. »

Pour MYÈL, ce seuil ouvre donc une nouvelle phase : celle des candidatures.

Jacky Lumarque dans la course à la présidence

Le regroupement entend notamment porter Jacky Lumarque comme candidat à la présidence.

Le recteur de l’Université Quisqueya connaît déjà les turbulences d’une campagne présidentielle. En 2015, sa candidature, portée par la plateforme Vérité, avait été écartée du processus électoral. Plus de dix ans plus tard, son nom revient ainsi dans la perspective d’une nouvelle bataille pour le pouvoir.

Cette fois, MYÈL entend manifestement préparer le terrain en remplissant les différentes formalités exigées par l’institution électorale.

Le franchissement des 30 000 membres constitue à ce titre une première étape significative. Il ne préjuge toutefois ni de la validation définitive des différentes candidatures ni, surtout, de la tenue effective du scrutin.

Le processus avance, les doutes aussi

Car derrière les opérations administratives, le contexte reste particulièrement fragile.

Depuis plusieurs semaines, des acteurs politiques expriment leurs réserves sur plusieurs aspects du processus électoral. Les modalités d’enregistrement des membres, les contrôles des affiliations, l’application du décret électoral et les conditions de sécurité figurent notamment parmi les sujets de préoccupation.

Et il y a surtout la réalité du terrain.

Dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans l’Ouest, l’insécurité continue de compliquer les déplacements et le fonctionnement normal des institutions. Dans ces conditions, la capacité à organiser une campagne puis à permettre aux électeurs de voter dans des conditions acceptables reste l’une des grandes inconnues du calendrier.

MYÈL choisit de se préparer

Face à ces incertitudes, MYÈL fait néanmoins le choix d’avancer.

Avec ses 30 000 membres enregistrés, le regroupement peut désormais préparer l’inscription de ses candidats et poursuivre sa stratégie électorale. Pour Jacky Lumarque, cette étape marque également une nouvelle avancée vers une éventuelle candidature présidentielle.

Le pari est clair : être prêt si les élections ont lieu.

Car à mesure que les partis remplissent les formalités imposées par le CEP, le paradoxe devient plus visible : la mécanique électorale avance plus rapidement que les certitudes entourant le scrutin lui-même.

À un peu plus de trois mois de la date annoncée pour le premier tour, la question reste donc entière : Haïti sera-t-elle réellement en mesure d’organiser des élections en 2026 ?

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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