Le ministère de l’Éducation nationale lance un appel à propositions consacré à la formation continue des éducatrices du préscolaire et des enseignants. Santé mentale, citoyenneté, finance, sport ou arts : six domaines sont ciblés. Une ambition bienvenue, à condition que les formations produisent des changements concrets dans les salles de classe.

PORT-AU-PRINCE, 8 septembre 2026 — Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) veut muscler la formation continue du personnel enseignant. Il lance un appel à propositions destiné aux institutions capables de concevoir des programmes pour les éducatrices du préscolaire ainsi que pour les enseignants du fondamental et du secondaire.

Six champs ont été retenus : santé mentale, éducation économique et financière, éducation physique et sportive, éducation artistique, éducation citoyenne et éducation préscolaire.

Le choix n’est pas anodin. Dans une école haïtienne confrontée à des bouleversements qui dépassent largement la transmission des savoirs, l’enseignant doit désormais composer avec les conséquences des crises sociales, économiques et sécuritaires. La santé mentale, l’apprentissage de la citoyenneté ou encore la maîtrise des notions économiques élémentaires deviennent ainsi des enjeux éducatifs à part entière.

Le ministère entend, en outre, placer la barre haut. Les organismes candidats devront présenter un dispositif pédagogique précis : objectifs, contenu des modules, volume horaire, méthodes d’évaluation et qualifications des formateurs. Les dossiers seront notés sur 100 et seuls ceux obtenant au moins 90 points pourront accéder à la phase d’attribution.

L’exigence est prometteuse sur le papier. Reste la question essentielle : que restera-t-il de ces formations une fois les enseignants revenus devant leurs élèves ?

Car le véritable test ne sera pas le nombre de sessions organisées ni celui des certificats distribués. Il faudra pouvoir mesurer l’évolution des pratiques pédagogiques, accompagner les enseignants dans la durée et vérifier, autant que possible, l’impact sur les apprentissages.

Après plusieurs initiatives annoncées en matière de formation et d’accompagnement pédagogique, le MENFP dispose donc d’une nouvelle occasion de transformer une politique de formation en véritable outil d’amélioration de l’école.

Former davantage est nécessaire. Former mieux est indispensable. Mais s’assurer que la formation change réellement la classe sera le véritable défi.

By Willy DESULMA

Willy DÉSULMA, Normalien diplômé de l’École Normale Supérieure et économiste formé à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université d’État d’Haïti, est journaliste et responsable de l’information à Alternance Média TV. Passionné par la diffusion d’une information claire et fiable, il s’engage à informer avec rigueur et professionnalisme. Expert en analyse économique et éducation, il combine savoir et expertise pour éclairer l’actualité et contribuer au débat public.

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