Regroupant 44 partis et organisations politiques, la coalition juge le calendrier électoral intenable dans les conditions actuelles et défend une nouvelle gouvernance, un gouvernement resserré et une feuille de route pour conduire le pays aux urnes.

PORT-AU-PRINCE — La Coalition des Forces Républicaines (CFR), qui regroupe 44 partis et organisations politiques, a présenté à la CARICOM son scénario de sortie de crise. Dans un document daté du 7 septembre 2026, elle préconise une réorganisation de l’Exécutif avant la tenue des élections et met directement en cause la capacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à conduire la transition jusqu’au scrutin. 

La CFR part d’un constat : les engagements pris dans le cadre du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections n’ont, selon elle, pas été tenus. Ce pacte avait confié au gouvernement la mission de réunir les conditions politiques, sécuritaires et humanitaires nécessaires à l’organisation des élections à la fin de 2026.

Sept mois après sa présentation, la coalition estime qu’aucune de ces conditions préalables n’est véritablement réunie et considère que le calendrier proposé par le Conseil électoral provisoire (CEP) ne pourra pas être respecté.

Sécurité et crise humanitaire au cœur du constat

Le document insiste particulièrement sur la détérioration de la situation sécuritaire. La CFR fait état de 1,6 million de personnes déplacées en raison des violences des gangs et de 6,5 millions d’Haïtiens confrontés à une situation de détresse humanitaire.

À cette crise s’ajoute, selon la coalition, une dégradation du climat politique. Elle reproche notamment au premier ministre d’avoir lancé sa propre plateforme, le Groupement politique Viktwa. Une initiative qui, à ses yeux, place Alix Didier Fils-Aimé dans une position de « juge et partie » et fragilise la confiance indispensable au processus électoral.

Rebâtir l’Exécutif

C’est sur ce diagnostic que la CFR fonde sa principale proposition : mettre en place une gouvernance consensuelle capable de rétablir la confiance entre les acteurs politiques et de conduire la dernière phase de la transition.

La priorité serait donnée à la sécurité, avec notamment le déblocage et la sécurisation des routes nationales, ainsi qu’à la réponse à l’urgence humanitaire.

La coalition préconise parallèlement la formation d’un gouvernement resserré, chargé de mettre en œuvre les recommandations du CEP et de travailler à l’établissement d’un calendrier électoral qu’elle veut « réaliste, consensuel et réalisable ».

Le CEP maintenu, le calendrier revu

La CFR ne propose toutefois pas de remettre entièrement à plat l’appareil électoral. Elle recommande de maintenir le Conseil électoral provisoire, après évaluation de ses membres, afin de préserver la continuité institutionnelle et d’éviter de repartir de zéro.

Elle souhaite également l’ouverture d’un dialogue politique devant déboucher sur une feuille de route fixant les grandes priorités à mettre en œuvre jusqu’au terme de la transition.

Le schéma défendu devant la CARICOM repose ainsi sur une séquence précise : recomposer la gouvernance, restaurer la sécurité, revoir le calendrier électoral, puis organiser le scrutin.

Pour les 44 partis et organisations réunis au sein de la CFR, les élections restent donc l’aboutissement de la transition, mais leur tenue suppose d’abord de recréer les conditions politiques, institutionnelles et sécuritaires permettant d’aller aux urnes. L’objectif affiché demeure l’organisation d’élections « libres, transparentes, honnêtes et démocratiques ». 

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *