Après plus de vingt heures de discussions à Islamabad, les États-Unis et l’Iran n’ont pas réussi à trouver un accord. Le vice-président américain JD Vance a annoncé, dimanche 12 avril, le retour de la délégation américaine à Washington, sans compromis sur les principaux points de désaccord.
«Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord», a déclaré JD Vance à l’issue de ces négociations marathon, qui constituaient un niveau de dialogue inédit entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979. Le responsable américain a indiqué avoir présenté à Téhéran une «offre finale», qualifiée de «meilleure possible».
Le nucléaire au cœur des divergences
Le principal point de blocage concerne le programme nucléaire iranien. Washington exige un engagement formel et durable de l’Iran à renoncer à toute ambition d’armement nucléaire, une condition posée par le président Donald Trump.
«Nous avons besoin d’un engagement fondamental de leur part à ne pas développer d’arme nucléaire, ni aujourd’hui ni à long terme», a insisté JD Vance.
De son côté, Téhéran a confirmé la fin des discussions en dénonçant des «demandes déraisonnables» de la part des États-Unis. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a évoqué «une atmosphère de suspicion et de méfiance», estimant qu’un accord ne pouvait être conclu en une seule session de négociations.
Le détroit d’Ormuz, un enjeu stratégique
Les discussions ont également porté sur le détroit d’Ormuz, passage clé pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Depuis le début du conflit, ce corridor maritime est fortement perturbé.
Les États-Unis ont annoncé des opérations navales dans la zone, notamment pour sécuriser la circulation maritime, tandis que les autorités iraniennes ont averti qu’elles réagiraient à toute présence militaire jugée hostile.
Une trêve toujours incertaine
Le Pakistan, qui assurait une médiation dans ces pourparlers, a appelé au maintien du cessez-le-feu de deux semaines en vigueur. Toutefois, ni Washington ni Téhéran ne se sont exprimés sur une éventuelle prolongation de cette trêve.
Ce silence entretient les incertitudes, alors que le conflit, déclenché fin février, a déjà fait des milliers de victimes dans la région, notamment en Iran et au Liban.
Un conflit régional en toile de fond
Parallèlement, les tensions se poursuivent sur d’autres fronts, notamment au Liban, où les affrontements impliquant Israël et le Hezbollah continuent de faire des victimes. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réaffirmé sa volonté de parvenir à un accord de paix durable.
Dans ce contexte, l’échec des négociations d’Islamabad souligne la persistance de profondes divergences entre Washington et Téhéran, et laisse planer le doute sur une issue diplomatique à court terme.