Un processus électoral sous tension dans un climat d’insécurité généralisée

Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FSDH) monte au créneau. Dans une note publique, la formation politique exprime son profond désaccord avec la décision du gouvernement de modifier, par arrêté, le mandat du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Pour la Fusion, cette initiative constitue une tentative claire de prise de contrôle du processus électoral, à un moment crucial pour l’avenir démocratique du pays.

Le parti rejette catégoriquement l’argument d’« harmonisation » avancé par les autorités, notamment en référence à un prétendu Pacte national. Selon lui, ce prétexte ne résiste pas à l’analyse et masque plutôt une volonté politique d’influencer l’organisation des prochaines élections. Une telle démarche, prévient la Fusion, risque de compromettre la transparence du processus et d’ouvrir la voie à des scrutins biaisés.

Au-delà de la question institutionnelle, la Fusion alerte sur les conséquences déjà visibles d’une telle orientation. Le climat national, marqué par l’insécurité, les violences et la fragilité des institutions, pourrait se détériorer davantage. Le parti évoque un risque accru de contestations, d’instabilité politique et de renforcement des groupes armés, dans un contexte où l’autorité de l’État est déjà mise à rude épreuve.

Face à cette situation, la formation de gauche rappelle au gouvernement, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ses responsabilités fondamentales. Selon elle, la priorité doit être le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, condition indispensable à la tenue d’élections crédibles. Le Conseil Électoral Provisoire, de son côté, est appelé à garantir un cadre électoral sérieux, inclusif et transparent, à l’abri de toute pression politique.

Le parti Social-Démocrate condamne également toute tentative de prolongation du mandat des autorités de transition. Il souligne qu’une période de dix ans sans élections dans un système démocratique est non seulement anormale, mais totalement inacceptable. Pour la Fusion, le respect du calendrier électoral doit reposer sur des bases claires, objectives et publiques.

L’obstacle majeur reste toutefois sécuritaire. Tant que des zones entières du pays demeurent sous le contrôle de groupes armés, aucune campagne électorale libre ne peut être envisagée, ni aucune participation citoyenne garantie. La Fusion insiste sur la nécessité d’une approche réaliste, fondée sur des progrès concrets en matière de sécurité, de libre circulation et de rétablissement de l’ordre public.

Enfin, le parti appelle à une révision du calendrier électoral qui tienne compte de ces réalités. Il rejette toute décision arbitraire ou dictée par des intérêts politiques immédiats, et plaide pour un processus fondé sur des résultats tangibles : reprise des territoires perdus, sécurisation des axes stratégiques et restauration de l’autorité de l’État.

Dans un pays plongé dans une crise multidimensionnelle, la mise en garde de la Fusion résonne comme un signal fort. Sans garanties institutionnelles solides et sans amélioration significative de la sécurité, toute tentative d’organiser des élections risque de manquer de crédibilité et d’aggraver la méfiance déjà profonde de la population envers ses dirigeants.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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